Suivez le procès Bernard Wesphael en direct: "Véronique pouvait boire jusqu’à 3 bouteilles par jour et avait déjà des lésions sur le corps avant le drame", déclare-t-il aux enquêteurs

«Le lundi de la semaine du drame, le soir, chez elle, elle est tombée dans l’escalier à cause de l’alcool à trois ou quatre reprises, lorsqu’elle montait. Elle rencontrait régulièrement des difficultés pour monter jusqu’au troisième étage, où se trouvait la chambre à coucher. Maintenant que j’y repense, Véronique était couverte de bleus (...) qui n’ont pas été constatés médicalement. Son fils en a réellement été le témoin», déclare Bernard Wesphael aux enquêteurs.

Interrogé sur l’origine de chaque lésion découverte sur le corps de la victime par le légiste, l’accusé renvoie aux trois chutes de Véronique Pirotton le soir des faits. «Je suis convaincu que je ne porte pas de responsabilités pour ces lésions. (...) Je veux préciser que je n’ai pas mis fin aux jours de mon épouse.»

Il ajoute avoir vu «deux visages» de Véronique Pirotton après son décès. L’accusé indique que, selon un inspecteur, certaines lésions, dont aux lèvres, étaient dues à l’appareillage de la réanimation. «Le visage a été montré dans cet état à la famille. Cela a fait penser à la famille que je l’avais frappée. (...) Tout le monde qui, ce jour-là, aurait vu le visage de Véronique, aurait dit la même chose. Moi-même j’ai trouvé facile de considérer qu’elle avait en effet reçu des coups de poing dans la figure.»

Un foie de deux kilos

Lors d’un second interrogatoire devant la police, Bernard Wesphael a indiqué que Véronique Pirotton consommait trois bouteilles d’alcool par jour, ce qui pourrait expliquer la taille de son foie qui pesait près de deux kilos, alors que le foie d’une femme pèse entre 1.300 et 1.400 grammes. Le médecin légiste avait constaté des déchirures sur le foie de la victime lors de l’autopsie. Selon l’accusé, choqué d’avoir lu dans la presse qu’il avait été question de violence entre eux, ces lésions ne s’expliquent pas.

Bernard Wesphael avait indiqué aux policiers que son épouse était devenue un danger pour elle et pour la société. «Elle était maniao-dépressive et névrotique, elle consommait beaucoup de médicaments», a-t-il commenté lors de son audition, ajoutant qu’elle s’automutilait, ce qui pourrait expliquer, selon lui, certaines lésions.

Au total, le médecin légiste avait relevé trente-cinq zones hématiques sur le corps de la victime.