Le manque de matériel est le principal obstacle à l’utilisation de la technologie en classe

Les enseignants du secondaire souhaitent mettre à profit la technologie dans leurs cours mais considèrent son utilisation comme une perte de temps, probablement en raison du manque de matériel pédagogique prêt à l’emploi, de logiciels et des compétences nécessaires, ressort-il de l’enquête « L’enseignant innovant » réalisée par iMinds-MICT, un groupe de recherche de l’Université de Gand, en collaboration avec Tilburg University (Pays-Bas) et l’Université catholique de Louvain (UCL), à la demande de Samsung Benelux. Cinq-cents vingt enseignants du secondaire ont été sondés en Belgique et aux Pays-Bas pour cette étude.

Si 70 % des enseignants belges estiment que l’utilisation de la technologie dans l’enseignement classique apporte une réelle valeur ajoutée, plusieurs obstacles empêchent toutefois son déploiement en classe. La Wallonie, par exemple, connaît un vrai problème d’infrastructure avec 53 % des enseignants sur son territoire qui pointent comme premier frein à l’usage de la technologie en classe, le manque de matériel et l’absence de wifi. En Flandre, ce problème est également souligné par 39 % des enseignants, alors qu’aux Pays-Bas, seuls 4 % des enseignants font état d’un tel manquement.

Parmi les autres raisons invoquées par les enseignants sondés, on retrouve l’appréhension, la perte de temps, le manque de valeur ajoutée, le manque de compétences et de formation ou encore la rigidité du système scolaire.

L’enquête distingue cinq types d’enseignants selon les rapports que ceux-ci entretiennent avec la technologie. Ce sont principalement les enseignants de sexe féminin et d’un certain âge qui sont les plus sceptiques quant à l’utilisation de la technologie en classe, indique l’étude.

Malgré le manque de matériel pédagogique prêt à l’emploi, certains enseignants « à la pointe » utilisent la technologie dans le cadre des formes innovantes d’apprentissage. Ils la considèrent bel et bien comme une valeur ajoutée et admettent en avoir besoin pour atteindre leurs objectifs didactiques. Ils indiquent par ailleurs que la technologie occasionne ainsi un gain et non une perte de temps.

Afin de rendre la technologie plus accessible, les enseignants réclament plus de temps et de flexibilité dans le système scolaire. Ils encouragent par ailleurs les éditeurs scolaires à proposer davantage de matériel pédagogique personnalisé, « les applis et le matériel disponibles n’étant pas très conviviaux ». Ils soulignent encore le caractère indispensable de l’accompagnement.