L’idée de la fille de Philippe Moureaux: un cours d’histoire adapté à l’origine des élèves

Le PS veut enseigner l’histoire de la colonisation à chaque élève wallon et bruxellois du secondaire. Nouveau : des adaptations seraient amenées en fonction de l’origine des étudiants qui composent chaque classe. «  Notre volonté, c’est qu’au terme de ses études, chaque étudiant du secondaire ait au minimum été confronté à l’histoire de la colonisation et de la décolonisation au Congo. Mais aussi à celle d’un autre pays « à la carte », en fonction du public scolaire », précise la députée Catherine Moureaux (PS).

En résumé, une classe composée de nombreux élèves d’origine maghrébine se verrait enseigner l’histoire de la guerre d’Algérie ou de la présence occidentale au Maroc. Pour une classe comptant plusieurs Vietnamiens, ce serait la guerre d’Indochine ; pour des Maliens, la colonisation française en Afrique subsaharienne, et ainsi de suite.

«  Je constate, notamment chez une grande partie des jeunes originaires d’Afrique subsaharienne et du Maghreb, des difficultés identitaires », reprend la fille de l’ancien bourgmestre de Molenbeek. «  Je l’ai remarqué notamment lors de la projection des « hommes d’argile » devant des élèves du 2e et 3e degré. Ce film raconte l’incorporation de soldats marocains au sein de l’armée alliée durant la Seconde Guerre mondiale. Il montre les atrocités commises à l’époque contre leurs ancêtres. J’ai bien vu que les jeunes avaient du mal à appréhender ce sujet. Cela peut les conduire à aggraver leur sentiment de discrimination. Et ce, alors même que ce ressenti part d’une situation existante. Ces jeunes sont victimes d’une discrimination bien réelle. Sur un autre versant, il faudrait également enseigner à ces étudiants ce que leurs nobles ancêtres ont amené à l’Europe, comment ils ont été accueillis. Il y a un manque de ce côté-là. »

L’enseignement des faits de colonisation dans les classes de Wallonie et de Bruxelles se limite pour l’heure à la présence belge au Congo. Et encore, d’une manière extrêmement marginale : les professeurs parviennent trop rarement, faute de temps, à boucler l’entièreté du programme au cours des 6 années de secondaire. Le XXe siècle n’est parfois que très partiellement étudié. En 2013, 42 profs d’histoire ont pourtant participé à une formation sur la thématique du Congo. Un kit pédagogique composé de deux DVD et de fiches avait été fourni à ces enseignants. Mais cette formation n’est aujourd’hui plus proposée.

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