Les jeunes francophones pas brillants aux derniers tests PISA: la faute aux inégalités dans notre enseignement, selon Jean Hindriks

« Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, même si la dégradation n’est pas dramatique. » Jean Hindriks est professeur à l’UCL et l’un des grands spécialistes wallons de l’enseignement. « Il y a de très bons élèves en Wallonie, mais il y a aussi un grand nombre d’élèves faibles et cela plombe les résultats. C’est la conséquence des profondes inégalités qui traversent notre enseignement. Là, c’est clair que l’on reste les champions du monde ! »

Les inégalités, impossible d’y échapper. « Inégalités sociales, inégalités entre forts et faibles, entre autochtones et allochtones, entre garçons et filles, entre écoles… », énumère Jean Hindriks. « Aux États-Unis, ils ont réussi à élever le niveau des élèves très faibles. C’est ce que nous devons faire aussi. Pour cela, il faudrait envoyer nos meilleurs professeurs dans les écoles qui concentrent les difficultés. C’est exactement le contraire qui se passe… »

En Flandre, l’enseignement est aussi considéré comme inégalitaire. Pourtant, les résultats y sont meilleurs. C’est quoi la recette du succès ? « C’est la confiance. Chez nous, il y a un manque de confiance de l’administration envers les écoles et les enseignants, aussi une défiance des parents vis-à-vis des enseignants. Il faut faire plus confiance aux profs. Leur donner du pouvoir. Ils doivent être les « kings » de leur classe. Il faut valoriser leur métier et les motiver (…) Peut-être qu’en Flandre, les socles de compétences sont définis de manière plus fine aussi. »

Note positive

L’expert veut terminer sur une note positive : « Je vois quand même deux bonnes nouvelles, puisque les responsables de PISA recommandent de retarder la sélection des élèves, ce qui correspond à l’une des mesures importantes du Pacte d’excellence, à savoir l’allongement du tronc commun. Ils conseillent aussi de réduire le redoublement, car cela ne sert à rien et c’est une autre grande mesure du Pacte. »