Des centaines de milliers de personnes aux «Marches des femmes» contre Trump aux USA (photos)

Dans la capitale, où avait lieu le plus grand rassemblement, 275.000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50% de plus que pour l’investiture de M. Trump la veille à la même heure, selon l’autorité de transport WMATA. Les organisateurs ont en outre relevé leur estimation de participation de 200.000 à 500.000 personnes, selon le maire adjoint de Washington, Kevin Donahue.

Cette manifestation organisée le lendemain de l’investiture du 45e président témoigne à elle seule de la fracture de la société américaine.

D’autres manifestations avaient lieu à Boston, Denver, New York, et Chicago, où la marche s’est transformée en rassemblement compte tenu de l’affluence, selon la police.

«Merci de vous lever, de vous exprimer et de marcher pour nos valeurs @womensmarch. Important comme jamais. Je crois vraiment que nous sommes toujours plus forts ensemble», a tweeté à leur adresse l’ancienne rivale démocrate de M. Trump, Hillary Clinton.

«Cette manifestation est une déclaration de principe. Nous devons faire quelque chose. L’homme qui est maintenant président est une personne horrible. Il n’a pas remporté les voix du peuple», a dit à l’AFP Candice Feigles, une infirmière à la retraite de 69 ans, venue de la Virginie voisine.

Beaucoup de manifestantes portaient des bonnets roses à oreilles de chat («pussy hats»), devenus le symbole de l’opposition à Donald Trump et qui a fédéré des adeptes du tricot.

Le terme «pussy» désigne en anglais l’animal domestique, ou le sexe féminin. C’est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir se payer les femmes qu’il voulait et de les «attraper par la chatte».

Jamais depuis 40 ans un président des Etats-Unis n’a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions.

Avant même d’avoir achevé ses premières 24 heures à la Maison Blanche, le nouveau président républicain se retrouve interpellé par de multiples catégories d’Américains d’origines très diverses, mais fédérés par une même inquiétude.

Paris

Au moins 2.000 personnes, dont beaucoup de femmes et de ressortissants américains, se sont rassemblées samedi sur le parvis du Trocadéro à Paris pour protester contre «tout ce que Trump représente» et défendre les droits des femmes, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les manifestants, qui répondaient à l’appel d’organisations féministes (Osez le féminisme, Planning familial ...) mais aussi du NPA, de SOS racisme, du mouvement LGBT, se sont ensuite rendus au mur pour la Paix installé au Champ de Mars, près de la tour Eiffel.

«Les droits de l’homme sont aussi ceux des femmes», «respect», «liberté, égalité, sororité», «capitalisme, sexisme, assassins», proclamaient, au milieu de bonnets roses et de drapeaux américains, des pancartes en anglais et en français.

Initialement lancée à Washington par des opposants au nouveau président, au lendemain de son investiture, la «marche des femmes» est organisée samedi dans plusieurs villes américaines — dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle — ainsi que dans plusieurs capitales dans le monde, comme Londres, Sydney, Budapest, Genève, Berlin, etc.

Des rassemblements étaient organisés aussi dans plusieurs villes de France. A Marseille, où l’appel a réuni une cinquantaine de personnes, un groupe d’Américains portait une pancarte où était écrit : «Trump, Liar in chief» («Trump, menteur en chef», ndlr).

Devant l’Opéra de Lyon, ils étaient quelques centaines de manifestants, en majorité des femmes, avec notamment ce slogan: «Donald, c’est pas du Walt Disney».

Londres

Malgré le froid et sous un grand soleil, un impressionnant cortège, essentiellement féminin, s’est mis en route devant l’ambassade des Etats-Unis pour rejoindre Trafalgar Square où le maire de Londres Sadiq Khan faisait partie des manifestants.

«Je veux que la majorité des Américains qui n’ont pas voté pour lui sachent qu’on les soutient dans le monde entier», a déclaré Oliver Powell, un acteur de 31 ans qui a qualifié le nouveau président de personnage «hideux».

«La culture du viol s’est frayée un chemin jusqu’à la Maison Blanche», «Virons Trump» (Dump Trump), pouvait-on lire sur les banderoles.