Bart De Wever interdit l’organisation d’un meeting d’un parti nationaliste turc à Anvers: "Cela représente un danger pour l’ordre public"

Selon nos confrères de VTM Nieuws, le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever a décidé d’interdire la réunion du parti MHP turc, un parti nationaliste, qui devait avoir lieu ce vendredi à Berchem, dans la banlieue anversoise. L’homme fort de la N-VA estime, après une réunion avec la police, qu’il existe un danger pour l’ordre public en cas d’organisation de ce meeting politique. Des contre-manifestations du parti d’extrême-droite flamand Vlaams Belang étaient également prévues en marge du meeting.

Le parti turc MHP, connu pour ses positions nationalistes, se veut de droite et plus extrême que le parti de Recep Tayyip Erdogan, le président de la Turquie. Ce groupe, qui connaît des racines fascistes et nationales-socialistes, a également des liens avec la mafia turque et des affaires de trafic d’héroïne. Plusieurs anciens membres ont également été condamnés pour des meurtres et trafics.

Le MHP voulait ainsi venir en Belgique pour convaincre les ressortissants turcs de Belgique de voter lors du référendum du 16 avril prochain pour que le président turc Recep Tayyip Erdogan obtienne encore plus de pouvoir grâce à un nouvel amendement constitutionnel.

Cette nouvelle interdiction pose une nouvelle pierre dans la crise diplomatique entre l’Europe et la Turquie. La crise a été déclenchée par le refus des Pays-Bas d’autoriser samedi une visite du chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, suivi de l’expulsion de la ministre turque de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya. Ils devaient participer à des meetings pour convaincre l’importante diaspora turque de voter «oui» lors du référendum du 16 avril.

La présence d’hommes politiques turcs à de tels rassemblements a donné lieu ces dernières semaines à des passes d’armes entre Ankara et plusieurs capitales européennes, alors qu’elle ne suscitait pas de remous lors de précédentes échéances électorales turques.

L’Union européenne et l’Otan ont tenté de désamorcer cette crise diplomatique, ce lundi, sans pour autant calmer le président turc Erdogan qui affirme que les Pays-Bas « vont payer le prix » de ce traitement de ses deux ministres.