Monaco: les fans de têtes couronnées à la fête devant les écrans géants

Postés dans un “endroit stratégique” au milieu de centaines d’autres touristes, face à la chapelle Saint-Dévote flanquée d’un écran géant, le couple de retraités néerlandais, coiffés de couronnes factices, est aux anges au passage du convoi princier en voiture décapotable.

“C’est le cadeau que j’ai fait à ma femme -au nom prédestiné!- pour nos 37 ans de mariage. Elle suit la famille monégasque depuis l’époque de Grace Kelly alors aujourd’hui, c’est le rêve!”, explique Asdrubal qui, caméra au poing, ne manque rien de l’arrivée de Charlene à Sainte-Dévote.

Le long du parcours, les rangs de badauds sont par endroits clairsemés, pour se faire plus denses autour de Sainte-Dévote, où Charlene, accompagnée de son mari, a déposé son bouquet de mariée après le mariage religieux dans la cour d’honneur du palais devenue église d’un jour, au lendemain de l’union civile.

Les “fanatiques de la famille princière” sont là. Aux premiers rangs: Aline Pla, venue spécialement de Perpignan, dans le sud de la France, n’espérait rien tant que de “voir des familles royales” dont elle connaît les descendances par coeur.

Les Grimaldi, comme les autres têtes couronnées d’Europe, font quasiment “partie de la famille”, pour cette sexagénaire. “Je les ai vus tout jeunes: Albert, Caroline, Stéphanie, leurs enfants... Ca me plaît de voir comment ils évoluent”, dit-elle en évoquant le prince et ses soeurs.

Venu de l’île Maurice (dans l’océan Indien), et spécialement de Paris pour la journée, Bahemia Norman, 58 ans, est “ravi”. “Je suis venu pour voir un mariage de princesse et c’est magnifique. J’aime l’ambiance, c’est bien d’y participer”, se félicite-t-il, tout comme un trio d’étudiantes taïwanaises venues de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, tout excitées à l’idée de “voir un vrai roi”...

A l’arrivée du couple princier au début de la cérémonie, retransmise sur plusieurs écrans géants dans la ville, Charlene l’emporte largement à l’applaudimètre sur son prince. “Elle est beeeelle!”, s’exclame une petite fille, bien installée avec sa maman sur une serviette éponge à même le trottoir pour suivre toute la célébration.

Medhavic Sookun, 43 ans, venue de Montpellier (sud de la France), elle, semble déçue. “Ce n’était pas vraiment émouvant, Charlene ne montre pas ses émotions, elle a l’air triste... mais c’est normal avec toutes ces rumeurs autour d’Albert!”, sourit-elle.

La presse du monde entier avait évoqué, quelques jours avant le mariage, la rumeur d’une récente tentative de fuite de Charlene à l’aéroport en raison d’une éventuelle paternité cachée d’Albert.

“Vrais royalistes”, les Anglais Rod Bates, 39 ans, et James Smith, 32 ans, son ami, sont tout aussi sceptiques: “Ce mariage reste quand même un peu superficiel, comparé à celui de Kate Middleton et de William”, estiment-ils.

Posté lui aussi sur le trajet princier, entre le Rocher et le port, Louis Cadrot ne boude pas son plaisir. Venu de Nice (sud-est de la France, près de Monaco) en famille, ce quinquagénaire est ému, l’oeil rivé sur l’écran. “C’est une belle histoire et les histoires de princes et de princesses, ça fait toujours rêver les enfants... et les grands aussi!” “En tout cas, on pourra dire qu’on y était!”, ajoute-t-il.

Seul couac: au passage de la décapotable princière près du port, où la foule était massée devant les écrans géants, les “aaah” d’excitation se sont rapidement transformés en “oooh” de déception pour ceux qui n’étaient pas aux premiers rangs. Seuls les casques des motards monégasques dépassaient, le couple dans sa Lexus restant totalement invisible du plus grand nombre.

Et comble de malchance, les écrans connaissent un “bug” au moment de leur passage. “C’est vraiment sûr, ils sont passés?”, demande un touriste espagnol en se tournant vers ses amis, l’air désappointé.