L’Église catholique belge organise une journée de «reconnaissance et de mémoire» pour les victimes d’abus sexuels

L’Eglise catholique en Belgique va organiser samedi à Bruxelles une journée de «reconnaissance et de mémoire» pour les victimes d’abus sexuels commis par des prêtres, près de sept ans après un énorme scandale de pédophilie au sein de l’institution, a annoncé la conférence des évêques de Belgique.

En avril 2010, l’ancien évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, avait avoué avoir abusé de deux de ses neveux et avait démissionné. Dans la foulée, des milliers de témoignages avaient fait état de cas d’abus commis par des prêtres ou des membres de congrégations religieuses depuis des décennies en Belgique.

Accusée d’avoir gardé le silence et confrontée à une forte crise, l’Eglise avait décidé début 2012 de jouer la transparence. Elle a depuis lors reçu plus de 400 plaintes de personnes affirmant avoir été victimes d’abus sexuels commis par des prêtres lorsqu’elles étaient mineures, et octroyé près de 4 millions d’euros de compensation financière, selon des chiffres publiés début 2016.

«À l’initiative de victimes d’abus sexuel», d’un groupe de travail instauré au sein de l’Eglise et «en collaboration» avec les principaux dirigeants de l’institution catholique en Belgique, une cérémonie aura lieu samedi matin à la Basilique nationale de Koekelberg, dans le nord de Bruxelles, indique dans un communiqué la Conférence épiscopale de Belgique.

Une oeuvre de l’artiste belge Ingrid Rosschaert, baptisée «Esse est Percipi» (Exister, c’est être reconnu), sera dévoilée et des victimes prendront la parole au cours de cette cérémonie publique.

Le cardinal Jozef de Kesel, primat de Belgique, ainsi que les évêques d’Anvers et de Tournai, les référents de l’Eglise catholique belge pour les questions de pédophilie, s’exprimeront également.

Dans l’après-midi, les victimes et leurs proches pourront s’entretenir à huis clos et par petits groupes avec les responsables de l’Eglise.

En France, l’Eglise catholique, mise en cause par des enquêtes réalisées par des journalistes pour son silence coupable vis-à-vis de la pédophilie de certains de ses prêtres, a dit le 22 mars sa «honte» mais aussi sa volonté de lutter contre ce «fléau».