Tour de France: Cadel Evans, l’obstiné Australien

Gagner le Tour, c’est réunir une foule de petits détails ”, estimait-il début 2009, quelques mois après avoir terminé pour la deuxième fois à la deuxième place (2007, 2008).

Sans ma chute dans la première étape des Pyrénées (2008), je pense que j’aurais fini avec le maillot jaune, estimait-il alors. Cela m’a coûté beaucoup d’influx nerveux et de force pour la suite de la course ”.

Evans ne renonce jamais. Et l’année 2009, celle de son titre mondial à Mendrisio (Suisse), tout près de son domicile, lui a donné raison. Elle lui a montré qu’il pouvait gagner.

Sa collection de places d’honneur (2e du Dauphiné 2007 et 2008, 2e de la Flèche Wallonne 2007 pour les plus remarquées) en aurait pourtant dissuadé plus d’un. Surtout que lui avait un domaine de prédilection, le VTT, qu’il a dominé avec deux Coupes du monde de cross-country (1998, 1999).

On aurait même pu croire que ces places’de l’ombre’convenaient à ce coureur qui n’aime pas attirer l’attention. Mais sa détermination est plus forte que son naturel discret.

“ Ma volonté de travail n’a pas changé, elle est la même depuis mes 18 ans, explique-t-il de sa voix aiguë. Mais il se passe tellement de choses autour (de soi) que parfois ça prend de ton temps et de tes moyens. Et sortir de la maison est parfois dur ”.

Échecs

Arrivé en Suisse romande en 1998, avec en tête les jeux Olympiques 2000 (qu’il terminera en 5e place en cross-country), il s’est converti au cyclisme sur route en 2001 dans l’équipe Saeco puis dans la célèbre équipe Mapei.

Il y grandira comme coureur aux côtés de son père d’adoption Aldo Sassi, décédé en décembre dernier d’une tumeur au cerveau. « Il ne passe pas un jour sans que je pense à lui », confiait-il en début d’année.

Sassi l’avait soutenu contre vents et marées, y compris quand ses propres équipiers doutaient de lui. Lui ne dira jamais s’il a douté ou non. Il préfère s’appuyer sur l’expérience qu’il a tirée de ses échecs.

Son dernier revers date du Tour 2010, qu’il a bouclé en 26e position en raison d’un trait de fracture au coude gauche après une chute dans la neuvième étape. Le soir même, à Morzine, il prend le maillot jaune mais ne peut le défendre par la suite.

À 34 ans, fort de son titre de champion du monde 2009, d’une victoire dans la Flèche wallonne en 2010, Tirreno-Adriatico et le Tour de Romandie en 2011, l’Australien semble plus apte à appréhender les attentes qui l’entourent.

Il a soigneusement préparé sa saison, en réduisant son nombre de jours de course et en choisissant les courses à étapes aux épreuves d’un jour. Suffisant pour gagner le Tour?