Le cancer du sein touche une femme sur neuf !

Cancer le plus répandu chez les femmes, le cancer du sein inquiète. Bien qu’il soit relativement bien soigné, une femme sur neuf sera confrontée à cette maladie avant ses 75 ans. Dans des cas plus rares, les hommes peuvent également être touchés par cette pathologie. 80 cas sont recensés chaque année chez les hommes. Une faible proportion par rapport aux 10.000  nouveaux cas décelés chez les femmes chaque année. En Belgique, environ 2.500  décès annuels sont à déplorer suite à un cancer du sein.

Symptômes

Chef de clinique en sénologie (spécialité médicale qui étudie les affections du sein) au CHU de Liège, le docteur Valérie Bleret rappelle les symptômes de cette maladie devenue très courante: «Il y a quatre faits qui incitent à consulter. La masse que l’on palpe dans le sein d’abord, mais aussi l’ombilication du mamelon. Il s’agit du mamelon qui rentre dans le sein alors qu’au préalable, il était sortant. Celles qui ont toujours eu un mamelon rentrant, ne doivent pas s’inquiéter évidemment. Une déformation de la surface du sein doit également interpeller. Cela peut être un creux ou une fossette sur le sein. Enfin, un changement d’aspect de la peau du sein reste un élément qu’il ne faut pas négliger. Si la peau devient rouge et épaisse, il faut consulter. De même si on constate des écoulements sanglants au niveau du mamelon». Le médecin précise toutefois que chacun de ces symptômes peut s’expliquer autrement que par un cancer du sein. «Une masse peut être une lésion bénigne, un écoulement peut se révéler n’être qu’une inflammation… Ça ne veut donc pas toujours dire cancer mais mieux vaut être prudent».

Malgré les progrès de la médecine, on note une augmentation des cas diagnostiqués ces dernières années. Cela s’explique de deux façons d’après le docteur Bleret: «   D’abord, une augmentation réelle de l’incidence liée à différents facteurs comme l’environnement par exemple. Et puis, grâce au dépistage plus régulier, on va diagnostiquer des lésions de petite taille qui, pour certaines, n’auraient pas eu d’impact sur la survie de la patiente». Difficile toutefois de tirer des conclusions généralistes. En effet, ce type de cancer se caractérise par l’aspect multifactoriel. C’est l’association de plusieurs facteurs qui sera à la base du développement de cellules cancéreuses. Nous ne sommes donc pas toutes égales face à cette maladie. Les facteurs hormonaux propres à chaque femme (l’âge des premières règles, le traitement hormonal de substitution, l’âge du premier accouchement, par exemple) sont un premier indice.

Hygiène de vie

Tout ce qui va favoriser l’imprégnation d’œstrogènes est en fait un facteur de risque. «Mais on ne peut pas influer sur ces facteurs qui sont sur le même pied que le tabagisme, l’absence de sport ou la consommation régulière d’alcool par exemple. Il y a aussi un mécanisme épigénétique qui fragilise ou protège certains individus. C’est tout l’intérêt du dépistage précoce et des recommandations au sujet de l’hygiène de vie qui sont d’ailleurs valables pour toutes les pathologies», estime le médecin.

Le réflexe, lorsque le diagnostic tombe, est souvent de se demander «Pourquoi moi?». Une question dont la réponse est malheureusement impossible à obtenir de votre cancérologue. «On peut mettre cinq personnes dans les mêmes conditions mais l’épigénétique fera que chez certaines, il y aura un développement de la pathologie, pas chez les autres. Exception faite des patientes porteuses d’une mutation génétique qui prédispose au cancer du sein», ajoute la sénologue. Une mutation génétique dont était notamment atteinte Angelina Jolie. L’actrice américaine avait d’ailleurs subi une masectomie pour se prémunir de ce cancer. Elle avait tenu à médiatiser ce diagnostic afin de sensibiliser les femmes à se faire dépister. Ce qui a même fonctionné au-delà des espérances puisque dans la foulée de cette annonce, de nombreuses femmes ont pris rendez-vous avec leur gynécologue afin de faire un premier bilan.

Les chances de guérison de ce cancer oscillent entre 75 et 80% mais elles augmentent si le diagnostic est posé tôt. Mieux vaut donc aller consulter pour rien plutôt que d’attendre… l