Cannes 70ème, c’est (presque) parti!

Les deux productions Netflix sont : « Okja » du Sud Coréen Bong Joon-Ho, avec Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal et Paul Dano et « The Meyerowitz Stories » de Noah Baumbach, l'excellent réalisateur américain de Frances Ha (2012), lui aussi soutenu par un casting très étoilé (Dustin Hoffman, Emma Thompson, Adam Sadler et Ben Stiller), deux films qui ne sortiront finalement pas en salle!

Triplé ?

Dans la compétition officielle, seul l'autrichien Michael Haneke peut prétendre au nouveau record de 3 Palmes d'Or puisqu'il a déjà obtenu la récompense suprême avec « Le ruban blanc » (2009) et « Amour » (2012). Pour ce nouveau « Happy End » qui consiste en un « instantané d'une famille bourgeoise européenne », il a rappelé son actrice fétiche Isabelle Huppert, déjà héroïne de « Amour » et de « La pianiste » (2001). A Calais, il y a une famille de bourgeois « bien pensants » mais aussi la « jungle » des migrants à leur porte. « Happy End » marque aussi le retour de Jean-Louis Trintignant qui avait pourtant déclaré qu'il ne ferait plus de cinéma après son magnifique duo avec la regrettée Emmanuelle Riva dans « Amour » de ... Michael Haneke !

Haneke, Huppert, Trintignant: un trio qui lorgne déjà vers la Palme et, dans leur sillage, très discrète, la petite belge Fantine Harduin, 12 ans, qui débarquera sans doute à Cannes, comme dans un conte pour grandes étoiles.

Valeurs sûres

La compétition officielle intègre, comme d'habitude, quelques unes de ses valeurs sûres: on y retrouvera la japonaise Naomi Kawase, sensorielle et lumineuse, Sofia Coppola, la fille du grand Francis Ford, le césarisé et oscarisé Michel Hazanavicius (« The Artist »), l'américain Todd Haynes, brillantissime metteur en scène de « Carol » qu'on avait adoré il y a deux ans ici-même, le très prolixe François Ozon qui retrouve Jérémie Renier pour un « Amant double » plutôt vénéneux et le déjà ... vétéran Jacques Doillon qui offre un rôle, une fois encore, extraordinaire à Vincent Lindon, dans la peau du puissant Auguste Rodin.

Il y aura quand même aussi quelques premières œuvres qui excitent souvent la curiosité, voire qui peuvent créer le choc inattendu, comme ce fut le cas de « Le Fils de Saul » du Hongrois Laszlo Nemes, en 2015.

Première montée des marches

Présenté hors compétition, « Les fantômes d'Ismaël » d'Arnaud Desplechin, risque de dérouter d'emblée les festivaliers.

Chef de file d'une nouvelle vague dans les années 90, Desplechin construit une œuvre riche, subtile et raffinée, plutôt intello, inspirée par un esprit sans doute un peu narcissique et torturé. Ici, il libère complètement sa verve narrative, ce qui donne un film d'apparence chaotique et le rend insaisissable, du moins au premier degré.

Desplechin sera accompagné ce soir pour cette première montée des marches par son fantôme préféré Mathieu Amalric et aussi Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, ...

A ce moment, le grand jury présidé par Pedro Almodovar aura déjà pris place dans la salle.

La grand parade pourra donc commencer.