Après Londres, Manchester dévastée par les émeutes

La troisième ville du Royaume-Uni, touché par des violences depuis quatre jours, avait été épargnée jusqu’à mardi. Mais elle a largement rattrapé son retard: des centaines de jeunes encagoulés ont semé la pagaille dans le centre, brisant des vitrines, pillant, mettant le feu à des magasins et des voitures et lançant des projectiles contre les forces de l’ordre.

Ils ont affronté des centaines de policiers anti-émeutes, qui en avaient arrêté 47 vers minuit.

Vers 1H mercredi, un calme relatif semblait revenu dans le centre totalement encerclé par la police. Un hélicoptère tournait dans le ciel.

Ça a démarré d’un seul coup, vers 17H30 ” (16H30 GMT), se rappelle Glen Barkworth, gérant du principal centre commercial de Manchester. “ Nous avons été attaqués plusieurs fois, raconte-t-il, j’ai vu deux magasins attaqués, pillés, incendiés. J’ai vu des jeunes attraper des grillages et les lancer à travers les portes. C’était surréaliste ”.

Sur Parker Street, un groupe d’hommes sérieusement imbibés discute devant un magasin Marks & Spencer dévasté, portes brisées, rayon d’alcool pillé et sirène d’alarme hurlante.

Coiffée d’une casquette, large tee-shirt sur les épaules, elle estime que “ le gouvernement va devoir faire des changements. Ils vont devoir faire des sacrifices, pas seulement se préoccuper des riches ”, dit-elle.

Comme elle, les experts pensent que les émeutes sont le reflet d’un profond malaise social dans les quartiers défavorisés. Les politiques, eux, estiment que des fauteurs de trouble ont surtout saisi ce prétexte pour se livrer à des violences gratuites.