A Madrid, la ferveur des jeunes pèlerins autour du Chemin de croix

 Dans le même temps, plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre la visite du pape à Madrid. D'Irak, de Terre sainte, du Rwanda, du Burundi ou de Haïti : des jeunes d'une quinzaine de pays se sont relayés pour porter la grande croix de bois des Journées mondiales de la jeunesse devant chacune des stations alignées sur le Paseo de Recoletos, une grande avenue du centre de Madrid.

A l'arrivée de Benoît XVI dans sa papamobile, la foule éclate en applaudissements. Certains sont perchés dans les arbres ou les poteaux électriques. Puis, un grand silence se fait au passage de la croix. Quelques-uns accompagnent les choeurs en chantant.

Certains avaient passé la nuit dehors, sur les pelouses, pour être sûrs de ne rien perdre du spectacle. D'autres sont arrivés tôt le matin, parcourant de haut en bas le Paseo, pour admirer à loisir les grandes statues de bois.
Puis, au long de la journée, la marée humaine, bruyante, multicolore, a envahi la large avenue, se pressant contre les barrières.  "C'est une merveille. Je suis venue pour voir les stations, et j'ai déjà fait le parcours dans un sens puis dans l'autre", raconte Maruchi de Castro, une chimiste espagnole de 55 ans, en observant à la septième station la statue apportée de Leon, dans le nord de l'Espagne.

Chaque année, pendant les processions de la Semaine sainte, cette statue du Cyrénien aidant Jésus à porter sa croix est promenée dans la ville par 94 hommes. Acclamé par la foule sur les 700 mètres du parcours, le pape à bord de sa papamobile a rejoint la place de Cibeles pour présider le Chemin de croix. Carla Silva, une Espagnole de 25 ans venue de Cadiz, dans le sud, saute de joie après l'avoir pris en photo. "Je l'ai! On le voit très peu, mais c'est émouvant. Je l'ai et c'est l'important". Cette tradition de la Semaine sainte espagnole a pris une couleur symbolique, chacune des stations représentant les maux de la société, comme les sévices sexuels et la guerre. Dans le texte lu à la neuvième station, des jeunes du Rwanda et du Burundi évoquent les "péchés de l'humanité", parmi lesquels les "abus sexuels" et les "crimes contre les enfants".

La troisième station, où la croix est portée par des jeunes d'Irak, est consacrée "aux victimes innocentes des guerres qui détruisent les peuples et sèment une haine difficile à guérir". Les statues viennent de différentes régions d'Espagne, dont certaines datent des XVIIe et XVIIIe siècles, en pleine époque baroque.  Comme celle représentant le dernier repas de Jésus et des 12 apôtres, datant de 1763, apportée de l'Eglise de Jesus de Murcie, dans le sud-est, ou la statue de Jésus condamné à mort, enveloppé d'une couverture brune, la tête couronnée d'épines, de la paroisse Medinaceli de Madrid. Déjà vendredi matin, un groupe de pèlerins équatoriens se recueillait devant les stations. "Une grande foule le suivait, qui se lamentait et pleurait pour lui", récitait le prêtre, citant un passage de l'évangile, entouré par un groupe de fidèles. Le petit groupe alors entonne un chant, avant de passer à la station suivante. "C'est curieux et c'est intéressant de faire un Chemin de croix en plein mois d'août", remarque dans un sourire Sebastian Castillo, un adolescent de 14 ans qui accompagne le groupe. Francisca Rivera, une étudiante chilienne de 1 ans6, trouve aussi "étrange" ce Chemin de croix en plein été. "Mais c'est bien, c'est une représentation de la vie du Christ, qui est le principal modèle pour la jeunesse", remarque la jeune fille.

Plusieurs milliers de manifestants contre le pape à Madrid

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi dans le centre de Madrid, à quelques centaines de mètres de la Place de Cibeles où Benoît XVI prononçait un discours, contre le coût de la visite du pape et les
 violences policières de la veille, selon un journaliste de l'AFP. Les manifestants, descendus dans la rue pour le troisième jour consécutif, défilaient, très encadrés par la police, aux cris de "ce n'est pas la jeunesse du pape !"