Handicapés: plusieurs associations révoltées par les propos de De Gucht et Stevens

Pour Altéo, mouvement social de personnes malades, valides et handicapées, et la Mutualité chrétienne (MC), le discours qui stigmatise une partie du public des personnes handicapées en les qualifiant de “profiteurs du système” est inacceptable.

Par ailleurs, Altéo dénonce une vision tronquée du système des allocations aux personnes handicapées, ainsi que des amalgames.

“Si l’on additionne l’ensemble des allocations aux personnes handicapées et les aides aux personnes âgées au regard de la population de chaque Région, on observe de très faibles différences entre régions: Flandre (2,81%), Région wallonne (3%), Bruxelles (2,03%)”, souligne David Lefèbvre, secrétaire politique d’Altéo.

L’Association nationale d’Aide aux Handicapés mentaux (Anahm) rappelle que les associations de personnes handicapées demandent depuis longtemps une réforme du régime des allocations, et ce afin d’être plus en correspondance avec la réalité et avec les possibilités d’emploi.

“De tels propos erronés peuvent entraîner des réactions négatives à l’égard des personnes handicapées et de leurs familles qui ne le méritent vraiment pas”, regrette l’ASBL Anahm, qui revendique une meilleure inclusion de la personne handicapée dans la société.

L’ASBL Inforautisme se dit elle aussi indignée par les déclarations des deux politiciens et explique pour sa part être confrontée à une situation inverse: “de nombreuses personnes autistes ne sont pas reconnues comme handicapées par l’Etat fédéral car elles n’ont pas de déficience intellectuelle”.

“Selon les études épidémiologiques récentes, près de 1% de la population souffre d’une forme d’autisme, dont 58% sans déficience intellectuelle. Ainsi, il y aurait en Belgique 58.000 personnes autistes handicapées non reconnues comme telles”, indique l’association.

Le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) rappelle quant à lui que près d’un dossier de signalement pour discrimination sur cinq ouvert en 2010 se rapportait au handicap, soit 18% des 1.471 dossiers.