Dexia: des conséquences encore difficiles à cerner pour les entités fédérées

Il s'est toutefois refusé à chiffrer cette hausse, car elle dépend de trop d'inconnues et d'une situation évoluant d'heure en heure.
   
Le ministre, qui gère tant le budget de la Région wallonne que celui de la Fédération, consulte cependant des "Chiefs economists" pour tenter de cerner les conséquences financières d'une telle baisse de
cotation. Les dernières péripéties qui ont agité la banque Dexia et le sort de son holding communal Dexia ont fait l'objet de questions de Marcel Cheron (Ecolo), Michel Lebrun (cdH), Alain Onkelinx (PS) et Gilles
Mouyard (MR), lundi en Commission des Finances du parlement de la Fédération.



M. Antoine a relevé à titre d'exemple que la baisse du taux de croissance de 2,3% à 1,6% prévu pour 2012 entraîne la perte de 77 millions d'euros pour la Fédération. Et si le taux de croissance devait d'aventure passer de 1,6% à 1,2%, cela aurait des conséquences "brutales" sur les dépenses de la Fédération, qui concernent essentiellement des salaires, a-t-il averti.

A propos de la situation de faillite virtuelle du Holding communal, le ministre a précisé que la Région wallonne y est engagée à hauteur de 35% des garanties et de 50 millions d'euros de billets de trésorerie, soit au total 207 millions d'euros. Les 15% de la Région bruxelloise et les billets de trésorerie qu'elle détient l'exposent pour 132 millions.

L'agence de cotation Moody's s'inquiète aujourd'hui de savoir comment les entités et le pouvoir fédéral vont se financer demain. Elle se basera sur deux éléments propres aux entités: l'état de l'endettement de la
Wallonie et de la Fédération et la solidarité de celle-ci avec la Wallonie et la Cocof à Bruxelles. Elle voudra aussi savoir si le pouvoir fédéral va assainir ses finances publiques et si d'autres interventions seront nécessaires au profit des banques en Belgique et dans l'eurozone, a indiqué le ministre.

Il a rejoint Michel Lebrun pour mettre en doute le sérieux des "stress-tests" européens réalisés sur les banques. M. Lebrun a appris d'un haut responsable européen que les dettes souveraines, portant sur
des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal ou l'Italie, avaient été valorisées à 100%. De plus, le test portait sur l'aspect "crédits" des banques et n'a pas appréhendé le manque de liquidités dont souffrait Dexia, a ajouté M. Antoine.