Renaud, du PHK: "Oui, je trouve que les supporters ont été un peu durs avec l'équipe ce jeudi"

Sur les réseaux sociaux ou chez l'épicier du coin, il y a trois questions récurrentes: "Ca va?", "Fait bon hein?" et puis vient l'incontournable "Et kwè le Standard?" Car qu'on aime ou pas le club de Sclessin, il ne laisse pas indifférent. Et ce aux quatre coins de la Belgique.

Ainsi, ils sont nombreux à se gargariser ou à pester sur le Standard actuel. Ce jeudi soir, alors qu'on attendait un réveil après la claque magistrale reçue au Stade Constant Vanden Stock, les Rouches ont bâclé leur football pour achever la rencontre sur un 0-0 bien terne. Ce n'est pas un hasard si une grosse partie des 15.000 supporters a sifflé son équipe et improvisé un chant sans équivoque. "On s'fait chi*********, on s'fait chi*********, on s'fait, on s'fait, on s'fait chi**********" Vous la connaissez tous, vous l'avez tous entendue.

Ce qui fait surtout mal, c'est qu'il s'agit d'un ennui à 23€... pour les abonnés, à 35 pour les supporters s'étant décidé sur le tard.

"DANS LE TOP-6 ET 1ER DE GROUPE EN C2, CELA POURRAIT ETRE PIRE..."

"AU PHK, nous n'avons pas sifflé", entamait Renaud, président du groupe sévissant en T4. "Lorsqu'on est fâchés, on le montre en n'applaudissant pas, jamais en huant. Ce jeudi contre Poltava? Il y avait longtemps que je n'avais plus entendu le stade siffler de la sorte. Je pense que c'est un peu dur vis-à-vis des joueurs même si je n'ai rien vu du match, je tournais le dos au terrain avec mon mégaphone. On voit qu'il y a un malaise dans l'équipe, un manque de confiance. Les passes n'arrivent pas, on se cherche... mais on doit rester patients. N'oublions pas que nous avons connu de sales moments avec DD avant de vivre de belles joies. Nous prônons la patience. Accordons leur du temps. Au moins jusqu'en janvier... Sauf si on se ramasse toutes les semaines jusque-là évidemment (il sourit). Ils ont travaillé dans l'urgence lors du dernier mercato, mais ils vont avoir du temps pour le mercato hivernal. Restons calmes, cela ne sert à rien de tirer le signal d'alarme maintenant. Nous sommes toujours dans le Top-6, d'ailleurs même 16 points de retard après 30 matches ce n'est pas grand-chose (il rigole), et nous sommes en tête du groupe en Europa League. Ca pourrait être bien pire... Maintenant, il faut être clair. Si nous restons patients, il faut aussi que les joueurs et le staff se montrent dignes du blason. Nous suivons l'équipe, nous payons, à eux de prouver qu'ils méritent notre soutien."

"LA DECEPTION A PRIS LE PAS SUR L'ENTHOUSIASME"

"Il n'y avait pas spécialement de tension dans la tribune", explique pour sa part Max, président des Ultras Infernos, un groupe de 800 membres positionné en T3, derrière le but, côté terrill. "Certes, le match de dimanche était resté en travers de nombreuses gorges et nombreux étaient ceux à en parler avant la rencontre face aux Ukrainiens. Une rencontre dont nous attendions beaucoup. Mais au fil des minutes, la déception a pris le pas sur l'enthousiasme. Si nous avons tenté de pousser un maximum et de chanter, nous nous sommes rapidement retrouvés à court d'arguments. Il faut dire que le spectacle sur la pelouse ne nous aidait pas."

"CERTAINS DEVIENNENT DIFFICILES A CALMER"

La question que tout le monde se pose désormais, c'est "cela va-t-il pêter?". Ce jeudi soir, une banderole demandait aux joueurs de se secouer... sous peine d'être secoués par les supporters. De quoi foutre les jetons quand même... "Un message à ne pas prendre au sens propre. Il y a plusieurs façons de secouer le cocotier", rigole Max, qui reconnaît toutefois que certains supporters en ont déjà gros sur la patate et qu'il devient difficile de les calmer. "Ce qui est surtout frustrant, ce n'est pas tant le jeu mais plustôt les déclarations.... Je pense que beaucoup de supporters sont compréhensifs, je nous trouve même très patients. Ils ont eu un mercato très court pour remplacer les départs. Il faut reconstruire, OK, nous sommes d'accord. Mais quand on entend certains témoignages, on a l'impression de ne pas avoir vu le même match. Si on a vu davantage de jeu qu'à Anderlecht, ce n'était quand même pas très brillant... Et entendre la direction se plaindre de nous parce que nous sifflons l'équipe, c'est gros. Faut pas déconner. Si on est dans le stade, c'est qu'on est derrière l'équipe sinon nous restons chez nous au chaud. Quand on est au stade, on est un supporter et on a le droit de donner notre avis..."