Grèce: Papandréou fâche ses partenaires et sème la panique

Sonnés par cette nouvelle catastrophe, les dirigeants européens ont réagi durement et certains n’ont pas mâché leurs mots, comme les Premiers ministres belge Yves Leterme et luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

“Papandréou porte une très lourde responsabilité” avec cette décision, car “de l’insécurité a de nouveau été créée alors que le monde entier a justement besoin de sécurité et de confiance”, a accusé Yves Leterme.

La Grèce risque la faillite en cas de rejet du plan de sauvetage, a pour sa part averti Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe.

“Ce n’est pas une bonne décision pour l’Europe” et “pas non plus pour l’Espagne”, a déploré le porte-parole du gouvernement espagnol José Blanco.

Le Premier ministre grec a semble-t-il pris tout le monde par surprise. “Il n’en a parlé ni avant, ni pendant, ni après le sommet” des dirigeants de la zone euro mercredi dernier à Bruxelles, a assuré M. Leterme.

“Il s’agit d’un choix inattendu qui crée des incertitudes après le Conseil européen et à la veille de l’importante rencontre du G20 à Cannes”, a déploré le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

L’Italie, avec une dette de 1.900 milliards d’euros, soit 120% de son PIB, apparaît aujourd’hui comme le maillon faible de la zone euro.

“Le référendum ne va pas rendre les choses faciles, car il devient un référendum sur l’appartenance de la Grèce à la zone euro”, a pour sa part analysé le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb, dans un commentaire posté sur son compte twitter.

Un non des Grecs “augmente le risque d’un défaut forcé” de la Grèce et celui d’une éventuelle sortie de ce pays de la zone euro, avec de “graves conséquences financières pour la stabilité financière et la viabilité de la zone euro”, a mis en garde l’agence de notation franco-américaine Fitch Ratings dans un communiqué.

“Ce qui compte, c’est de limiter la casse, limiter les dégâts”, a affirmé Yves Leterme.

Artisans du plan de sauvetage approuvé mercredi dernier à Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont déclarés mardi “déterminés” à le faire appliquer.

Les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone pour arrêter la marche à suivre. Ils ont souhaité l’adoption “rapidement” d’une “feuille de route” pour assurer l’application de ce plan.

Ils sont convenus de se retrouver mercredi après-midi à Cannes, d’abord avec le FMI et l’UE, puis avec les autorités grecques, à la veille du sommet du G20 dans cette ville du sud de la France.

Le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont contacté mardi M. Papandréou et l’ont appelé a respecter ses engagements à l’égard de la zone euro.

“Nous avons pleinement confiance dans le fait que la Grèce honorera les engagements pris en relation avec la zone euro et la communauté internationale”, ont ils déclaré dans un communiqué commun.

“Nous sommes convaincus que cet accord est le meilleur pour la Grèce”, ont-ils assuré.

M. Papandréou a confirmé mardi ses intentions. Le référendum “va renforcer le pays dans la zone euro et sur le plan international”, a-t-il soutenu.

Le plan comprend un effacement de 100 milliards d’euros de dette du pays détenus par des banques privées et de nouveaux prêts de la communauté internationale à la Grèce pour 100 milliards d’euros. Mais il impose en contrepartie de lourds sacrifices au pays et a provoqué une contestation sociale généralisée en réaction à la brutale chute du niveau de vie de pans entiers de la population.