Assises de Bruxelles: “ Fabian avait emmené une arme pour impressionner ”

Ce dernier est accusé d’être co-auteur du meurtre de Patrick Lufusu (19 ans), tué de quatre coups de couteau assénés par Serge Lokadi (21 ans). Pitchou Twite (23 ans) et Attisogbe Denke (23 ans) sont également accusés du crime comme co-auteurs, devant la cour d’assises de Bruxelles.

La nuit du 22 au 23 juillet 2008, les quatre accusés, accompagnés de deux autres hommes, tous fortement suspectés d’appartenir à la bande urbaine des “1140”, s’étaient rendus, armés, place Anneessens pour y rencontrer la bande du même nom.

Serge Lokadi et Steeve Kayogera, frère de Fabian Kayogera, avaient été agressés à la foire du midi par des “Anneessens” deux jours plus tôt.

La nuit des faits, ils voulaient donc aller “régler des comptes” avec eux.

“Si Fabian Kayogera avait emporté un pistolet factice, c’est parce qu’il avait peur, il était mort de trouille”, a avancé Me El Abouti. “Et cette arme devait servir à impressionner éventuellement les autres.

Elle devait au pire servir à frapper mais pas à tuer, il s’agissait d’une arme factice”, a-t-il précisé.

Fabian Kayogera avait effectivement frappé la victime, Patrick Lufusu, à plusieurs reprises avec la crosse de l’arme.

Patrick Lufusu était, lui, de la bande des “Versailles”. Les accusés l’avaient rencontré par hasard en allant vers la place Anneessens. Ils l’avaient attaqué, lui et Michaël Tshibamba qui l’accompagnait.

Serge Lokadi lui avait infligé quatre coups de couteau dans le thorax, ce qui avait conduit à sa mort quelques heures plus tard.

Le ministère public et les parties civiles avaient considéré que ces coups n’avaient pu être donnés que grâce à l’aide des autres “1140” qui avaient également frappé la victime.

Sauf deux d’entre eux qui n’avaient agressé que Michaël Tshibamba, lequel n’avait été que blessé. Ces derniers ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour coups et blessures.

Me Frédéric Clément de Cléty, également conseil de Fabian Kayogera, a surtout insisté sur le fait que le ministère public, devant la chambre des mises en accusation, n’avait pas requis le renvoi devant la cour d’assises de son client, de Pitchou Twite et d’Attisogbe Denke.

“C’est vous dire que doute il y a”, a-t-il commenté. “Même M. Rans a concédé qu’il s’était forgé une opinion tard”.

Les plaidoiries de la défense se poursuivront jeudi.