Manifestations en Egypte: un policier balance un homme inanimé dans les ordures (vidéo)

Trois personnes ont péri dimanche d'asphyxie après que la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants sur la place Tahrir au Caire, ont rapporté des médecins dans un hôpital de campagne sur la place.

"Trois personnes sont mortes d'asphyxie lors des affrontements" avec la police anti-émeutes et la police militaire, a déclaré à l'AFP Abdallah Abdelrahmane, qui dirige un hôpital de campagne sur l'emblématique place, foyer de la révolte qui a provoqué le départ du président Hosni Moubarak en février.

La police anti-émeutes et la police militaire sont brièvement entrées dimanche sur cette place emblématique du centre-ville, avant de refluer dans les rues adjacentes face à une vive résistance de quelques milliers de manifestants présents. Deux protestataires ont été tués au Caire et à Alexandrie samedi, première journée d'affrontements meurtriers qui ont fait monter la tension en Egypte, où le premier scrutin législatif depuis la chute de M. Moubarak doit se tenir dans huit jours. Quelque 750 personnes ont également été blessées dans la nuit sur la place Tahrir, selon le ministère de la Santé.

Les heurts qui avaient commencé samedi matin se sont poursuivis dans la nuit avant de reprendre dimanche matin et s'insensifier dans l'après-midi, notamment aux abords du ministère de l'Intérieur, proche de Tahrir, rappelant les scènes de la révolte anti-régime du début de l'année, avec toutefois une moindre ampleur.

Selon l'agence de presse officielle Mena, des milliers de personnes se sont par ailleurs rassemblées dimanche pour les obsèques du manifestant tué à Alexandrie.