Islamisme dans les prisons: un noyau de prisonniers se radicalisent, reconnaît De Clerck

Il abordera la question avec les établissements pénitentiaires et la Sûreté de l’Etat qui dispose déjà d’informations sur le sujet, a-t-il expliqué en Commission de la Chambre, en réponse à une question de Denis Ducarme (MR).

Suite aux émeutes de la prison d’Andenne

Le député a interrogé le ministre à propos des émeutes qui ont éclaté la semaine passée à la prison d’Andenne à la suite d’un règlement pris pour organiser la prière dans l’enceinte de l’établissement. Des unités d’intervention de la police fédérale ont dû être appelées pour ramener l’ordre.

Le ministre a donné à ce sujet quelques précisions. Plusieurs détenus de confession musulmane ont commencé à prier ensemble lors des activités collectives organisées à la prison qu’ils perturbaient par “une attitude provocante”.

La direction a d’abord choisi de dialoguer, en faisant intervenir l’imam de la prison, mais cette tentative est restée sans effet sur un noyau dur d’extrémistes. Elle a donc rappelé dans une note l’interdiction des pratiques religieuses en dehors des locaux prévus à cet effet.

“Il semblerait que la note ait été utilisée comme prétexte pour la mutinerie”, a ajouté le ministre.

La prison d’Andenne a réalisé un inventaire des dégâts. Ceux-ci sont considérables. Le coût de leur réparation n’a pas encore été établi mais il sera vraisemblablement très élevé.

Actuellement, la prison fonctionne en régime de nuit, donc sans activité. Le régime sera maintenu aussi longtemps que nécessaire et en fonction des réparations nécessaires, a précisé M. De Clerck.

L’islamisation en prison

“Pour ce qui concerne l’islamisme en prison, la problématique est européenne. La Belgique n’échappe malheureusement pas à ce phénomène.

Il existe donc, hélas, un noyaux de détenus qui se radicalisent”, a-t-il souligné.

D’après le ministre, s’il ne s’agit que d’une minorité, elle pose toutefois pose d’importants problèmes d’ordre et de sécurité, dont les émeutes à Andenne ont été l’illustration. L’administration pénitentiaire est bien consciente de ce problème, a-t-il assuré. Elle mène un travail de formation des directeurs et du personnel sur la pratique religieuse en prison. Les émeutes de la semaine passée ont néanmoins montré la nécessité de progresser dans l’organisation des établissements devant ce problème qui devient structurel.

“Il ne serait pas inopportun de suivre votre suggestion, à savoir de réaliser des études, afin de déterminer dans quelle mesure le phénomène est déjà établi en Belgique et comment nous pourrions encore influencer, anticiper un problème à propos duquel nous avons pu intervenir à temps à Andenne. Mais nous avons vraiment frôlé une grande débâcle, un grand incident”, a indiqué M. De Clerck.