Tournai: Sabine, vétérinaire, doit tuer 700 chats par an

Dans les refuges animaliers, l’heure est au bilan pour l’année 2011. Les statistiques toujours assez inquiétantes ne créent cependant pas la surprise. Au refuge Veeweyde situé à Tournai, les statistiques n’évoluent pas beaucoup quant au nombre d’abandons. “ Les chiffres sont approximativement les mêmes chaque année. Par exemple en 2011, 1060 chats ont été recueillis au refuge contre 1027 l’année précédente ”, explique la présidente du refuge animalier. Le nombre d’euthanasies est lui aussi très élevé et aurait de quoi choquer. Ainsi, rien que l’année passée, près des 2/3 des chats envoyés à Tournai se sont vus administrer une dose mortelle.

Et ça, c’est le job de Sabine Tomme, une vétérinaire dans un cabinet privé mais qui apporte quotidiennement son aide au refuge tournaisien pour tous les soins à prodiguer aux chiens et aux chats. Vaccinations, soins divers, castration et stérilisation. Elle venait surtout s’engager pour ça.

Mais au final, elle doit pratiquer surtout beaucoup d’euthanasies. Et cela occupe une grande partie de son emploi du temps à la SPA, notamment en été. “ C’est la pire période pour nous car les chatons arrivent par caisses entières. Certains après-midi, on peut nous amener jusqu’à 20 chatons, très fragilisés face aux maladies. Dans la majorité des cas, ce sont les premiers à tomber mortellement malades et donc euthanasiés ainsi que les chats sauvages qu’on ne sait approcher, ni placer dans une famille ”, explique-t-elle. “ Le refuge n’est pas assez grand pour permettre aux chatons de prospérer dans de bonnes conditions puisqu’ils attendent avec de nombreux autres. Si l’un d’eux est malade, bien souvent les autres sont contaminés au bout de trois jours et on ne sait rien y faire par manque de place ”, ajoute-t-elle.

Selon Sabine, travailler dans ces conditions en SPA est quelque chose qu’elle ne vit pas bien et qu’elle ne cache pas à sa clientèle. “ En été, quand j’arrive à 14h et qu’on me dit que 20 chatons viennent d’arriver, je suis directement sur les nerfs parce que je sais ce qui risque d’arriver. C’est pourquoi je milite énormément pour la castration. Les gens ne veulent pas dépenser d’argent et arrivent après en catastrophe chez Veeweyde. Mais l’abandon n’est pas la solution. On a d’ailleurs chaque année nos spécialistes de la caisse à chatons qui ne semblent pas comprendre ”, déclare Sabine. Travailler au refuge et au cabinet est tout à fait différent et les euthanasies se résument dans le second cas aux chats en fin de vie ou très malades. “ Chaque année, je me dis que je vais arrêter d’y aller mais je reviens à chaque fois. Il ne faut pas se voiler la face et de se mettre des œillères. Ca n’arrangera pas les choses. C’est ça qui me fait avancer ”, continue-t-elle.