Affaire DSK: “L’analyse de l’ADN nucléaire a une fiabilité très proche de 100%”

Plusieurs médias américains dont le New York Times, citant des sources proches de l’enquête, ont rapporté le 23 mai que de l’ADN de l’ancien patron du FMI avait été retrouvé sur les vêtements de sa victime présumée.

Les chaînes ABC et NBC assuraient aussi que le résultat des analyses avaient été communiqués aux autorités françaises.

“L’analyse de l’ADN nucléaire --provenant du noyau d’une cellule du corps-- est la seule technique qui permet d’identifier un individu avec une fiabilité très proche de 100%”, souligne Bonner Denton, professeur de chimie à l’Université d’Arizona.

“C’est beaucoup mieux que toutes les autres techniques médico-légales ou d’identité judiciaire, y compris les empreintes digitales”, ajoute-t-il.

Le Pr Denton a fait partie d’une commission de l’Académie nationale américaine des sciences qui a produit un rapport de référence sur la question en 2009 à la demande du Congrès des Etats-Unis.

“La technique d’analyse de l’ADN nucléaire a été soumise à de multiples expériences scientifiques pour prouver sa validité, beaucoup plus que toutes les autres techniques médico-légales”, écrivaient les auteurs de ce rapport.

Ils concluaient aussi que le système médico-légal américain souffrait de graves insuffisances et nécessitait une refonte.

Ainsi, plus de la moitié des 250 premières personnes libérées de prison grâce à un test ADN avaient été reconnues coupables sur la base d’analyses médico-légales erronées.

Le test ADN a fait son entrée dans le système pénal américain en 1987 lorsqu’en Floride, un violeur en série a été la première personne dont la culpabilité a pu être établie grâce à cette technique.

Depuis, les autorités fédérales, dont les militaires américains ainsi que les 50 Etats de l’Union, archivent des échantillons d’ADN.

Le FBI, la police fédérale, a développé un puissant système appelé “Combined DNA Index System” ou Codis contenant des millions d’échantillons.

Selon Brandon Garrett, professeur de droit à l’Université de Virginie, Codis a permis de confondre quelque 140.000 criminels depuis 1994 et d’innocenter 269 personnes depuis 1989.

L’analyse ADN met hors de cause chaque année des milliers de personnes jugées suspectes, et ce dès le début de l’enquête policière, note ce juriste. Qu’en sera-t-il de DSK?