Affaire de proxénétisme du Carlton: DSK de nouveau libre

Après une trentaine d’heures de garde à vue à Lille dans le cadre de l’enquête sur l’affaire dite du “Carlton”, Dominique Strauss-Kahn est ressorti libre mercredi après-midi, a-t-on appris de source judiciaire. Il devrait être convoqué en mars par les trois juges d’instruction lillois qui décideront alors d’une éventuelle mise en examen.
Placé en garde à vue mardi matin, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a été interrogé à plusieurs reprises par les enquêteurs de la Direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ) de Lille dans une ancienne caserne de gendarmerie.
Assisté de son avocate, Dominique Strauss-Kahn a dû s’expliquer sur des soupçons de “complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée” et “recel d’abus de biens sociaux” dans l’enquête sur un réseau de prostitution opérant dans des hôtels à Lille et Paris. Des infractions graves qui auraient permis aux enquêteurs de l’interroger durant 96 heures, s’ils l’avaient estimé nécessaire.
Dominique Strauss-Kahn est “parfaitement satisfait d’avoir été entendu”, a rapporté son avocate, Me Frédérique Beaulieu, devant la presse à l’issue de sa garde à vue. Son client a été entendu dans “dans des conditions” qui ont “été d’une grande sérénité”, a-t-elle dit. “Il a répondu à l’intégralité des questions que les services de police ont considéré devoir lui poser. Il y a eu un certain nombre d’auditions qui ont été très complètes”.
“Le fait qu’il ressorte libre est une très bonne chose”, ajouté l’avocate, jugeant “normal qu’il ressorte libre dès lors qu’il s’est complètement expliqué”.
Les policiers cherchaient à éclaircir les conditions dans lesquelles Dominique Strauss-Kahn aurait rencontré des prostituées à Paris mais également à Washington en 2010 et 2011. Selon des sources proches de l’enquête, plusieurs d’entre elles ont affirmé aux enquêteurs avoir eu des relations sexuelles avec lui à l’hôtel Murano, non loin du domicile personnel de l’ex-ministre, mais également dans un restaurant chic du XVIème arrondissement ainsi qu’à Washington.
Toujours selon les premiers éléments de l’enquête, ces femmes auraient été rémunérées par Fabrice Paszkowski, gérant d’une entreprise de matériel médical de Lens, et membre d’un club de réflexion strauss-kahnien local intitulé “A gauche en Europe”, et David Roquet, un ancien dirigeant d’une filiale BTP du groupe Eiffage.
Les deux hommes ont été mis en examen pour “proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteurs, escroquerie abus de confiance et abus de biens sociaux”. Ecroués, ils ont été placés récemment sous contrôle judiciaire.