Elections 2018: ce sera égalité hommes-femmes sur les listes

Le parlement bruxellois a adopté vendredi, au terme d’un débat très consensuel, une proposition d’ordonnance qui fera de la Région-capitale la première du pays à imposer l’égalité hommes-femmes sur les listes électorales pour le scrutin communal.

Le texte a été adopté à 71 “oui”, un “non” (N-VA) et sept abstentions parmi lesquelles cinq FDF - dont quatre femmes.

La mesure ne sera toutefois pas d’application pour les élections d’octobre prochain, mais à partir de celles de 2018, histoire de recueillir le feu vert de ceux qui avaient déjà progressé significativement dans l’élaboration de leur liste pour le scrutin de 2012.

La proposition d’ordonnance avait été déposée par Céline Fremault (cdH) et co-signée par des représentantes de toutes les formations démocratiques (O. P’Tito-PS; B. Trachte-Ecolo; V. Teitelbaum -MR et F.

Sidibe-FDF; Elke Van den Brandt-Groen et Elke Roex -sp.a). Pour le CD&V, le texte a été co-signé par Walter Vandenbossche, l’unique représentant masculin de son groupe parlementaire.

Mais d’autres hommes l’auraient volontiers co-signé également, ont relevé les co-signataires.

L’Open Vld n’a pas co-signé la proposition, mais a soutenu le texte à l’unanimité de ses élus.

La discussion en séance plénière a eu lieu à quelques jours de la Journée internationale de la femme, événement qui a justifié l’absence de la co-signataire MR Viviane Teitelbaum.

Sa collègue libérale Jacqueline Rousseaux a souligné que le soutien du Mouvement réformateur à l’introduction de quotas n’était “pas une manière de faire libérale mais un passage obligé pour que les femmes puissent exercer leur liberté”.

Une majorité du groupe FDF, et en son sein, la majorité des hommes parmi lesquels le chef du groupe Didier Gosuin et Emmanuel De Bock, actif en commission sur ce dossier, a soutenu le texte. Le vote en ordre dispersé s’explique, dit-on au FDF, par la liberté individuelle laissée aux membres du groupe sur toutes les questions éthiques.

Les abstentionnistes ont notamment argué de leur réserve sur l’instauration de quotas primant sur la compétence et du fait que l’absence de quotas n’avait pas empêché la formation amarante d’avoir une majorité de femmes au parlement régional, ni d’avoir eu la première femme présidente de parti (Antoinette Spaak, ndlr).

L’objectif avoué de la nouvelle législation bruxelloise est d’arriver à une représentation aussi équilibrée que possible du nombre d’hommes et de femmes dans les conseils des 19 communes. Les femmes y représentent actuellement 40%.

Les co-signataires ne désespèrent pas d’obtenir un jour la même règle dans l’assemblée régionale où elles représentent actuellement 44% des élus, mais cela nécessite un vote au parlement fédéral.

On relèvera qu’au niveau régional toujours, l’assemblée bruxelloise est plus féminine que ses homologues wallonne (38,7%) et flamande (39,5%).