Contre-la-montre en France pour trouver le tueur avant qu’il ne récidive

Les corps des trois enfants et du professeur de religion tués lundi dans une école juive de Toulouse (sud-ouest) ont été transportés mardi à Paris d’où ils devaient être emmenés en Israël pour y être enterrés mercredi.

Les autorités françaises redoutaient une récidive de ce tueur en série, dont les crimes interviennent tous les quatre jours et dont l’attaque lundi du collège d’Ozar Hatorah à Toulouse a laissé le pays sous le choc.

Le procureur de Paris, François Molins, qui dirige l’enquête classée “antiterroriste”, a affirmé à la presse que le tueur était “susceptible de passer à nouveau à l’acte”.

Les enquêteurs s’emploient à faire parler les premiers éléments recueillis grâce aux vidéos de surveillance, aux témoignages des rescapés et aux contacts entre le tueur et sa première victime du dimanche 11 mars.

“Obligation de résultat”

“On n’a malheureusement rien, on a une obligation de résultat, c’est tout”, a déclaré le président Nicolas Sarkozy à la presse, tandis que le ministre de l’Intérieur Claude Guéant déclarait que les enquêteurs n’avaient pas encore identifié le tueur.

Les enquêteurs sont toutefois capables de reconstituer en partie les passages à l’acte de l’assassin depuis le 6 mars, lorsqu’il a volé le puissant scooter sur lequel il se déplace, jusqu’à l’attaque lundi de l’école juive.

Le 11 mars, le tueur en série présumé avait abattu à Toulouse un militaire d’origine maghrébine. Le 15 mars, il avait tiré sur trois soldats d’un régiment de parachutistes dans la ville voisine de Montauban, deux d’origine maghrébine, le troisième d’origine antillaise. Deux ont été tués, le troisième grièvement blessé.

Au total, 14 jours d’une funeste entreprise où l’homme a agi tous les quatre jours dans un rayon de 50 km contre des soldats maghrébins ou antillais et des juifs. “On a tous noté la périodicité” des crimes, a relevé le procureur de Paris.

Un scooter pour se déplacer rapidement

A chaque fois, un scooter pour se déplacer rapidement, deux armes de calibre 11,43 et 9 mm, et un casque qu’il garde pendant les meurtres pour ne pas être reconnu.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a révélé un détail troublant qui demande néanmoins à être confirmé. “Un témoin a vu une petite caméra autour du cou du tueur”, a-t-il dit. C’est un appareil “permettant d’enregistrer en grand angle des images et ensuite de les visionner sur l’ordinateur”, selon le ministre.

“Dans mon esprit, cela serait de nature à conforter le profil psychologique de l’assassin”, présenté comme “très maître de lui dans ses gestes, très cruel”, a-t-il dit.