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Mouscron: de plus en plus d’exclus du chômage au CPAS

Mardi, en séance du Parlement wallon, le député Luc Tiberghien (Ecolo) a alerté le ministre des Pouvoirs publics sur le nombre sans cesse croissant d’exclus du chômage qui grossissent les rangs du CPAS, déjà au bord de l’asphyxie.

Le parlementaire mouscronnois s’appuie sur la dernière étude alarmante de la Fédération des CPAS. En 2011, les CPAS wallons prenaient en charge 5.255 personnes ayant subi une sanction de la part de l’ONEM, soit une hausse de 13% par rapport à 2010

Mouscron n’échappe pas au phénomène : les dix premiers mois de l’année 2011, le CPAS a pris en charge 199 personnes exclues du chômage (dont 80 définitivement), ce qui représente pratiquement un tiers des personnes qui bénéficient du revenu d’intégration sociale (RIS). Et le centre public d’action sociale craint que le chiffre ne s’alourdisse dans les mois à venir vu que le Gouvernement fédéral durcit les mesures à l’égard des chômeurs.

Selon la fédération des CPAS, on déplace le problème du fédéral qui assure le suivi des chômeurs vers les niveaux communal et régional, dont dépend le financement des centres publics d’action sociale. “ Les sanctions ’chômage’, c’est une régionalisation de la sécurité sociale qui ne dit pas son nom, c’est pervers ”, a même confié un président de CPAS à l’auteur de l’étude 2012 baptisée “ les sanctions Onem, le coût pour les CPAS ”.

En 2011, l’incidence financière des sanctions Onem sur les CPAS est estimée à 52,5 millions d’euros pour l’ensemble de la Wallonie. Une progression de 290% depuis 2008. “ Il est inacceptable que les pouvoirs communaux paient l’addition des décisions du Gouvernement fédéral ”, déplore le rapport.

Selon le député Luc Tiberghien, les travailleurs sociaux n’ont même plus le temps de s’occuper du public cible des CPAS : “ la nature de leur travail a changé ”. Responsable des services sociaux de première ligne du CPAS de Mouscron, Jean-Claude Breyne confirme que les chômeurs exclus pour une longue période demandent un accompagnement plus conséquent : “ la charge administrative est de plus en plus lourde. On nous met beaucoup sur le dos : les exclus du chômage mais aussi le fond mazout, les initiatives locales d’accueil pour les réfugiés politiques, etc ”.

L’étude de la fédération des CPAS épingle un autre effet pervers : le public sanctionné par l’Onem est le plus souvent un public fragile. Près de 80% ont un niveau scolaire qui ne dépasse pas l’enseignement secondaire inférieur. “ Beaucoup n’ont pas un niveau intellectuel suffisant pour comprendre ce que l’Onem ou le Forem attend d’eux ”, notent les travailleurs sociaux. “ A l’inverse, les personnes suffisamment malignes parviennent à passer à travers les mailles du filet ”, remarque Jean-Claude Breyne, du CPAS de Mouscron. Et contrairement à une idée reçue, les motifs d’exclusion pour abus existent mais sont minoritaires: travail non déclaré, cohabitation non déclarée, etc.

C’est d’ailleurs le principal constat de l’étude : il n’y a pas de bons ou mauvais chomeurs, mais des personnes capables ou non de suivre un plan d’accompagnement valable.

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