France: Hollande détient désormais tous les pouvoirs face à la crise

Au lendemain de ces élections en France, mais aussi en Grèc, l’agenda international n’offre aucun répit au président français.

Lors du scrutin de dimanche, le Parti socialiste (PS) et ses alliés de gauche ont remporté une majorité absolue de 314 sièges sur 577. Le nouveau pouvoir pourra se dispenser du soutien des Verts (17 sièges), qui participent au gouvernement, et de la gauche radicale (10), qui en est absente.

Le parti conservateur UMP (Union pour un mouvement populaire) et ses alliés ont obtenu 229 sièges et le parti d’extrême droite Front national (FN) fait son retour à l’Assemblée avec deux élus, mais pas sa dirigeante, Marine Le Pen.

Présidence, gouvernement, Assemblée nationale, Sénat, régions, grandes villes: la gauche se trouve désormais “en position plus qu’hégémonique, disposant d’absolument tous les pouvoirs”, relève lundi le quotidien de gauche Libération.

A peine élue, l’Assemblée nationale sera convoquée en session extraordinaire dès début juillet pour lancer les premières réformes.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault n’a pas dissimulé dimanche soir la difficulté de la tâche. Il faudra à la fois relever le défi du rétablissement des comptes publics, retrouver la croissance et amorcer un recul du chômage.

“L’oeuvre qui est devant nous est immense. Rien ne sera facile. Rien ne nous sera donné”, a-t-il déclaré, en appelant à la mobilisation de tous les Français.

Pour François Hollande, la toute première priorité est européenne. Les élections en Grèce, avec la victoire des conservateurs de la Nouvelle démocratie, ouvrent la voie à un gouvernement de coalition pro-euro.

Le président français, a fait parvenir à ses partenaires une série de propositions “à effet immédiat” pour stimuler l’activité, d’un montant total de 120 milliards d’euros. Elles devraient être évoquées au sommet du G20, où plusieurs des autres puissances économiques, à commencer par les Etats-Unis, s’inquiètent de l’aggravation de la crise en Europe.

Il devra ensuite défendre ces positions lors d’un mini-sommet européen vendredi à Rome avec les chefs de gouvernement italien Mario Monti, espagnol Mariano Rajoy et allemand Angela Merkel.

Le couple franco-allemand traverse une période de vives tensions. La chancelière, attaquée en France pour sa défense à tous crins de la rigueur, avait déploré le “manque de confiance entre les acteurs” de la zone euro et en mis en garde contre la “médiocrité” de certains, visant implicitement Paris.