Des mannequins sexy et dénudées "professeures" de chinois en ligne

Ce clip (voir vidéo), diffusé par le site sexymandarin.com, n’est pas extrait d’un film érotique. Wendy et sa maîtresse sont des “ professeures ”, censées “ enseigner ” le chinois en ligne. Pour aider leurs élèves à être concentrés et à progressés, elles n’hésitent pas à prendre des poses suggestives et à les séduire.

Les internautes pourront à terme espérer apprendre à commander un plat, demander leur chemin ou un numéro de téléphone. Les plus assidus étudieront le vocabulaire inspiré par une scène de lavage de voiture en mini-short. “ Je vous promets que vous vous souviendrez de chaque leçon ”, assure une blonde aux yeux bleus dans des vidéos promotionnelles.

Lancé en décembre 2011 à l’initiative de Kaoru Kikuchi, une Japonaise diplômée en architecture de l’université de Nottingham, le site a déjà séduit plus de 10 000 “ étudiants ”, selon Jeune Afrique. “ Moi aussi, j’aurais bien aimé apprendre le mandarin en regardant des vidéos sexy plutôt que dans des livres remplis de centaines de caractères ”, assure la conceptrice, interrogée par le magazine. “ C’est une langue incroyablement difficile. Il y a très peu de livres disponibles et ils sont terriblement ennuyeux.

Depuis 2004, 350 instituts Confucius ont ouvert à travers le monde, disposant d’un quasi-monopole dans l’enseignement du mandarin. Et puis, se familiariser avec la langue “ tient de la tâche herculéenne ”, selon Mick Gleissner, un Allemand installé à Hongkong qui produit les vidéos diffusées sur le site. “ Si vous voulez apprendre le piano et que vous essayez de jouer Chopin, vous allez évidemment abandonner. Mais si vous voyez un enfant essayer de jouer des chansons, vous vous direz “ Ça a l’air facile et marrant ””, explique-t-il au Daily Telegraph.

Mais, cette initiative en ligne ne plaît pas beaucoup aux féministes chinoises. Annie Chan, présidente d’une association de défense des droits des femmes interrogée par le South China Morning Post, accuse le site de “ vendre des services sexuels sous prétexte de donner des cours de langue ”. Sexymandarin “ cherche de toute évidence à profiter des stéréotypes occidentaux sur les femmes chinoises ”, dit-elle.

Des propos qui n’empêche pas Kaoru Kikuchi d’entrevoir d’autres projets. Elle prévoit d’exporter son site en Europe et de travailler sur une version en français.