Jour J pour l’investiture d’Obama, Clinton au programme

L’investiture officielle de Barack Obama devait être lancée mercredi soir, à une heure de grande écoute, par l’ancien président Bill Clinton (1993-2001). Puis, le lendemain, le locataire actuel de la Maison Blanche et son vice-président, Joe Biden, prononceront leurs discours respectifs d’acceptation de leur nomination.

Le duo va tenter de convaincre les électeurs qu’ils seront plus à même de sortir le pays du marasme économique que les républicains, malgré une croissance au ralenti et un taux de chômage élevé, de 8,3% de la population.

Dès mardi soir, la First Lady Michelle Obama a donné le ton, dépeignant son mari comme un homme capable de comprendre les électeurs ordinaires car il a lui-même connu des difficultés. Référence à peine voilée au candidat républicain Mitt Romney, un multimillionnaire issu d’un milieu privilégié.

Elle a parlé du passé plus modeste de son mari, assurant qu’il restait au fond de lui le jeune homme qui conduisait une voiture rouillée lors de leurs premiers rendez-vous. “J’étais au premier rang pour constater qu’être président ne change pas la personne que vous êtes, mais révèle ce que vous êtes”, a déclaré la première dame des Etats-Unis, qui a été ovationnée.

C’est l’homme que je vois dans ces moments tranquilles tard le soir, penché au-dessus de son bureau, parcourant les lettres que les gens lui ont envoyées”, a-t-elle expliqué. “Je vois l’inquiétude dans ses yeux, et j’entends la détermination dans sa voix alors qu’il me dit: ‘Tu ne croiras pas ce que ces gens doivent surmonter, Michelle. Ce n’est pas juste. Nous devons continuer à travailler pour régler cela. Nous avons tant de choses encore à faire’.”

Selon les sondages, qui donnent les deux candidats à la Maison Blanche au coude à coude, Barack Obama est perçu par les électeurs comme un candidat plus proche des électeurs que son adversaire républicain. Mais l’économie est la première inquiétude de la population après 42 mois de chômage à plus de 8%. Aucun président depuis la crise de 1929 n’a été élu avec un chômage aussi élevé. Les prochains chiffres attendus vendredi pourraient redonner des arguments aux républicains s’ils ne baissent pas.

Mercredi soir, c’était au tour de Bill Clinton de défendre le bilan du président sortant. Dernier président à avoir bénéficié d’une croissance soutenue et d’un budget équilibré, son discours va peser lourd dans une relation en dents de scie entre les deux hommes. Ils s’étaient en effet opposés lors des primaires de 2008, alors que Hillary Clinton était candidate à l’investiture démocrate.

Dans son discours jeudi soir, Barack Obama va tenter de reconquérir le coeur des Américains, quatre ans après les espoirs suscités par son arrivée à la Maison Blanche.

A l’époque, les Etats-Unis se trouvaient en pleine crise financière tandis que des guerres impopulaires n’en finissaient pas en Irak et en Afghanistan. Depuis, les troupes de combat ont été retirées d’Irak, le pays est sorti de la récession et l’ennemi public N 1, Oussama ben Laden, a été abattu par un raid américain au Pakistan en mai 2011. Mais la croissance reste faible et les adversaires d’Obama le présentent comme un dirigeant faible. S’il a réussi à faire approuver sa réforme du système de santé, le texte reste très impopulaire et les républicains promettent de l’abroger en cas d’élection.

Les deux conventions, républicaine (fin août en Floride) et démocrate, ont mis l’accent sur deux visions opposées de la gouvernance. Les républicains souhaitent réduire le rôle de l’administration, perçue comme un obstacle à l’esprit d’initiative et à la liberté. Pour les démocrates, le gouvernement fédéral constitue au contraire une force au service du bien commun.