Il avait passé 7 ans en prison par erreur: l’état doit lui payer près de 800.000 euros

Loïc Sécher était absent mardi à la lecture de cette décision à la cour d'appel de Rennes (Ille-et-Vilaine). Il touchera 197.352,32 euros au titre du préjudice matériel et 600.000 euros au titre du préjudice moral, a précisé le premier président de la cour d'appel, Philippe Jeannin. Les proches de l'ex-condamné se partageront une

somme de 140.000 euros.

Lors de l'audience, qui s'était tenue en juillet, les avocats de M. Sécher avaient réclamé une somme totale de 2,4 millions d'euros, tandis que l'agent de l'Etat avait proposé une indemnisation de l'ordre de 600.000 euros. Le président de la cour avait à l'époque prévenu qu'une indemnisation n'est "jamais parfaite" et ne répare pas "le prix de la liberté".

Par deux fois, Loïc Sécher a été condamné par les assises de Loire-Atlantique en décembre 2003, puis celles d'Ille-et-Vilaine en mai 2004, à 16 ans de réclusion criminelle pour le viol et l'agression sexuelle d'une jeune fille en 2000.

Ce n'est qu'en mars 2008 que l'accusatrice se rétractera. La condamnation de Sécher sera annulée par la Cour de révision en 2010, avant qu'il ne soit acquitté le 24 juin 2011.

"La cour et le jury tiennent à vous dire qu'il n'y a assurément aucune charge contre vous. Ce n'est pas un acquittement au bénéfice du doute", avait assuré à l'époque la présidente de la cour d'assises, Nadia Ajjan, à Loïc Sécher à l'issue de ce procès en révision, le septième depuis 1945. La cour lui avait souhaité de pouvoir se reconstruire autant que possible après une telle épreuve.

A l'issue de l'acquittement, son avocat, le pénaliste Eric Dupond-Moretti, avait considéré qu'il y avait dans cette affaire "tout ce qu'il ne faut pas faire". Lors de l'enquête, le médecin qui avait examiné la jeune fille constatera qu'elle était vierge. Elle avait fini par accuser Loïc Sécher.

Quatre experts s'étaient pourtant prononcés sur la crédibilité des propos de la jeune fille, âgée de 14 ans, alors que l'accusé, lui, protestait de son innocence. A l'époque des faits, Loïc Sécher travaillait comme jardinier dans un golf de Loire-Atlantique, souffrait de dépression, buvait et fumait du cannabis, et, avait-il expliqué,

n'arrivait pas à assumer son homosexualité.

Lors du procès en révision, l'accusation avait demandé solennellement l'acquittement de Loïc Sécher.