Estaimpuis: Daniel Senesael tant aimé, tant décrié

En septembre 2008, nous avions invité les bourgmestres de Wallonie picarde à nous livrer une liste d’actions concrètes qu’ils s’engageaient à réaliser avant la fin de leur législature. Daniel Seneseal avait axé ses promesses autour du développement rural. Force est de constater qu’il les a quasiment toutes tenues. La réouverture du canal de l’Espierre, c’est fait. L’engagement d’un éco-conseiller, c’est fait. Avec en sus une maison de l’environnement. La reconversion de l’ancien site de la tannerie Poullet en un domaine propice au football, c’est fait. Les projets qui n’ont pas pu être réalisés sont emmanchés administrativement comme l’aménagement de la place de Néchin ou encore la création d’un lieu de rencontres à Bailleul. Et si le dossier de l’extension de l’école d’Estaimbourg a pris du retard, ce n’est pas de la faute du bourgmestre, mais d’un fonctionnaire délégué.

Alors un bilan à peindre en rose pour Daniel Senesael et sa majorité socialiste? Tête de liste cdH-IC, Marc Wattez ne partage pas cet enthousiasme: “ Il a bien rempli son mandat de bourgmestre, mais il n’a pas fait plus qu’un autre”. Troisième sur la liste Ecolo, Yves Herpoel estime même que Daniel Senesael a tendance à s’attribuer des mérites qui ne lui reviennent pas entièrement: “ le dossier du canal, par exemple. Sans le ministre écolo Philippe Henry, il n’est jamais débloqué. Même chose avec la place d’Estaimpuis, un dossier porté au départ par Patrick Van Honacker ”.

Comme flops, les deux adversaires politiques du bourgmestre épinglent “ la régie communale ” (36.000 euros détournés par le gérant, avec qui un remboursementà l’amiable a été négocié, NDLR) décrite comme “ une casserole plus que douteuse” par Bernard Wattez et comme “ un fiasco total ” par Yves Herpoel. Le mandataire cdH-IC ajoute parmi les éléments négatifs le non-aboutissement du dossier du collège de la Salle tandis que le candidat école regrette “ les effets d’annonce ”: “ les arrêts de la SNCB qu’il a annoncés à Néchin et Leers-Nord ne se feront jamais ”.

Même s’ils disent tous les deux avoir beaucoup de respect pour l’homme, Bernard Wattez regrette le côté “ excentrique ” du bourgmestre, et Yves Herpoel, son côté “ excessif ”. “ Il faut reconnaître qu’Estaimpuis bénéficie d’une bonne image à l’extérieur, mais Daniel Senesael n’est pas actif. Il est hyperactif. Faire des fêtes tous les week-ends ne risque-t-il pas de lasser les gens? ” s’interroge Ecolo. Le candidat cdH déplore à ce propos “ les dépenses de prestige ”. Ils n’ont pas oublié non plus “ le tout nu, tout bronzé ” de la dernière fête du personnel communal, où le bourgmestre s’était livré, sur scène, à un semi-strip-tease.

Estaimpuis est sans doute la seule commune de Wallonie picarde, sinon de Belgique, où l’opposition reproche au bourgmestre en place non pas de ne rien faire, mais d’en faire beaucoup trop.