La vie cachée de Pierre Migisha: il cherche de l’argent car il doit honorer des dettes de jeu

Dans les couloirs du Parlement bruxellois, le député CDH élu en 2009 passe pour un bosseur. A côté du parlementaire exemplaire, il y a un autre Pierre Migisha moins clean, plus borderline, qui titille voire dépasse parfois la ligne jaune.

Rien n’empêche un député d’exercer une autre profession pendant son mandat. Mais, éthiquement parlant, le métier d’agent de joueurs de foot paraît peu compatible avec des dossiers politiques. Détenteur d’une licence d’agent de joueurs FIFA sous son deuxième nom de Pierre Mavugo (NDLR : il aurait pu voire dû la suspendre dès son élection), nous avons obtenu la confirmation qu’il exerçait toujours en sous-marin cette activité.

C’est d’ailleurs ce côté obscur qui a fini par le rattraper. Car cette affaire de revente de tickets avec des bénéfices mirobolants garantis (on parle de 50% soit 9.000 euros pour une mise de 18.000) est illégale mais elle n’est que la conséquence directe de ses problèmes financiers.

Intertitre : un flop qui pèse lourd

La cause ? En juillet 2011, il a tenté d’organiser un ambitieux tournoi de foot au stade roi Baudouin avec des équipes prestigieuses (Anderlecht, le Standard, Fenerbahce et Twente alors dirigé par Michel Preud’homme). Son nom ? L’Iriscup. S’appuyant sur la promesse de subsides de Bertin Mampaka, l’échevin des sports de la Ville de Bruxelles, il a emprunté une (grosse) somme pour assurer les frais et le tournoi, finalement sans Anderlecht et délocalisé à... Tubize, fut un bide. D’où une solide ardoise à effacer.

Depuis lors, Pierre Migisha, malgré un salaire confortable de député (NDLR : 5.996 euros bruts par mois + 1.888 euros de frais forfaitaires nets), cherche de l’argent. Car, selon nos sources, il doit en parallèle honorer des dettes de jeu.

Dans l’affaire des billets pour l’Euro 2012, Philippe S., le plaignant, n’est pas seul. Au moins deux autres personnes sont impliquées dans cette transaction qui frise avec l’arnaque mais elles n’ont pas (encore ?) introduit une plainte.

Injoignable hier, Pierre Migisha a promis de trouver un arrangement à l’amiable avec ses créanciers mais cette affaire tombe comme un cheveu dans sa campagne électorale. Désormais installé à Anderlecht, ce jeune marié et futur papa de 41 ans y vise clairement un poste d’échevin (des sports ?).