Breivik (qui a tué 77 personnes à Oslo) se plaint du café froid et des menottes trop serrées dans sa cellule

«Je doute fortement qu’il existe pire lieu de détention en Norvège», écrit l’extrémiste de droite qui avait tué 77 personnes, des adolescents pour la plupart, le 22 juillet 2011, dans une lettre de 27 pages aux autorités pénitentiaires.

Le tabloïde Verdens Gang (VG) a exposé vendredi les griefs de Breivik, dont on avait appris jeudi qu’il se plaignait de conditions «contraires aux droits de l’Homme».

Pas assez de beurre

Maintenu dans un isolement quasi total et sous un régime de très haute sécurité dans la prison d’Ila près d’Oslo, le détenu de 33 ans déplore des carences et restrictions qui touchent tant à l’anecdotique qu’aux principes fondamentaux. Il déplore ainsi de ne pas recevoir assez de beurre pour tartiner son pain, d’être obligé de boire son café souvent froid faute de thermos et de ne pas pouvoir conserver de crème hydratante dans sa cellule, laquelle n’a, à son grand dam, ni décoration ni panorama. Mises pour chaque déplacement, les menottes «sont vécues comme un boulet mental», écrit-il. Elles provoquent des «coupures dues à des frictions car leur bord en acier arrache douloureusement la peau du poignet», ajoute-t-il.

Accusant ses cibles de faire le lit du multiculturalisme, Breivik avait tué 77 personnes le 22 juillet 2011, en faisant d’abord exploser une bombe près du siège du gouvernement de centre-gauche, puis en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l’île d’Utoeya. Condamné à la peine maximale, soit 21 ans de prison qui pourront être prolongés, l’extrémiste se plaint aussi des fouilles de sa cellule et individuelles qui l’obligent à se dévêtir totalement, de la surveillance intensive dont il est l’objet et des restrictions sur sa correspondance.

Interrogé par l’AFP, son avocat Tord Jordet a confirmé l’authenticité des extraits de la lettre. Le ministère de la Justice n’a pas souhaité faire de commentaire.