Milan Jovanovic (Anderlecht): «Je sais que je suis un excellent joueur»

Meilleur passeur du championnat, joueur le mieux payé de Belgique, grande gueule la plus sympathique du pays… Milan Jovanovic collectionne les superlatifs. « C’est vous qui le dites, car je ne lis pas tout ce qui s’écrit dans les journaux », rigole-t-il. «  J’ai juste des amis qui y sont attentifs et qui me mettent de temps à autre la puce à l’oreille. Mais si, effectivement vous me trouvez meilleur que la saison passée, cela me touche. Depuis le premier jour de la reprise, je me sens bien. Il m’arrive évidemment de faire de mauvais matches. Mais je garde toujours confiance en mon niveau. Je sais que, même dans une mauvaise passe, je reste un excellent joueur. Onze assists à ce stade de la saison, ça doit être mon record. Avant je marquais, maintenant je donne des passes décisives… »

Meilleur que lors de la période au Standard ? « Huuum, je vous le dirai si je gagne autant de titres ici. Pour le moment, je ne dirais pas meilleur mais différent. Au Standard, j’étais davantage attaquant. J’étais plus proche du but. Ici je commence souvent sur le côté gauche, même si j’aime m’aventurer dans l’axe. Quelle est ma place préférée ? À 31 ans, ce n’est plus important. Cela l’était quand j’avais 21 ans et que je jouais pour un transfert, mais plus maintenant. Vous savez ce qui est important avec l’entraîneur ? C’est qu’il accepte que je perde de temps en temps la balle car il sait que, en temps normal, je suis un joueur concret. Et ça, c’est très important pour la confiance. Il n’arrête d’ailleurs pas de répéter qu’il croit en moi., et ça me fait beaucoup de bien »

Dimanche face à Courtrai, il croisera la route d’un ami proche. « Je connais bien Ervin Zukanovic, le défenseur central de l’équipe flandrienne. Et je peux vous dire que c’est un joueur pour le Sporting d’Anderlecht. Mais pour le moment, il faut être à un très haut niveau pour mériter de jouer à Anderlecht. Ce que j’apprécie aussi à Courtrai, c’est l’approche d’Hein Vanhaezebrouck. Il a un système inhabituel avec trois ou cinq défenseurs, selon l’animation. C’est le même schéma que celui qui a permis à la Juventus de remporter la Serie A la saison passée. Ce n’est jamais facile d’affronter Courtrai. On a pu le constater lors de nos trois ou quatre derniers affrontements. Je ne pense en tout cas pas avoir besoin de repos. J’ai déjà pu souffler et nos organismes sont préparés à pouvoir jouer trois matches par semaine. »

Même celui du jeune Dennis Praet, qui enchaîne les rencontres sans afficher le moindre petit signe de fatigue. « Celui-là, c’est un vrai diamant. Il n’est sans doute pas étranger au fait que je me sente plus libre que la saison passée sur le terrain. Mais il ne faut pas se focaliser sur lui car il y a d’autres excellents jeunes comme Massimo Bruno, Fernando Canesin ou Sasha Iakovenko. »

Jova ne donne en tout cas pas l’impression d’avoir envie de quitter Anderlecht de sitôt. « Non, pas du tout. Quand j’ai signé mon contrat, on m’a proposé trois ans. 99 % des joueurs de mon âge auraient signé des deux mains. Moi, j’ai préféré demander deux ans. C’était un défi en plus. Quand un club me donne quelque chose, je tiens à lui rendre la monnaie de sa pièce. Maintenant, je me sens bien ici. Anderlecht est le club le plus structuré connu dans ma carrière. Je ressens beaucoup de plaisir et de fraternité. »

La rumeur voudrait que ce soit « madame Jovanovic » qui détienne les clés de l’avenir. «  Détrompez-vous ! Mon épouse pense et moi je décide (sic). C’est comme ça, c’est dans les traditions en Serbie. Ce qui est exact, c’est qu’elle a eu un impact dans la décision de quitter Liverpool. En Belgique, nous avons toujours ressenti beaucoup de chaleur humaine, ce qui n’était pas le cas à Liverpool. Votre pays nous manquait. J’ai déjà gagné beaucoup d’argent tout au long de ma carrière. Maintenant je recherche autre chose. J’ai besoin d’amitié, de bien-être familial,. »

Christophe Van Impe