Jean-François de Sart: «Roland Duchâtelet a déjà investi dans le Standard et le fera encore»

«Ce n’est pas gai d’être visé par les supporters, évidemment. Mais je suis dans ce monde du foot depuis 30 ans, je sais que tout ne peut pas toujours être rose! Surtout que j’occupe un poste fort exposé...»

Jean-François de Sart en a vu et entendu de belles depuis le début de saison. Du boycot des supporters face au Cercle aux banderoles hostiles à la direction en passant par ce Clasico perturbé... mais remporté par le Standard.

Mais voilà, la crise semble s’éloigner de Sclessin, où Mircea Rednic a succédé à Ron Jans. C’était le bon moment pour Sudpresse d’interroger Jean-François de Sart. Après avoir confié ses sentiments sur le club, il s’est penché sur un dossier chaud: les transferts.

Pouvez-vous dire que les transferts de l’été dernier sont des réussites?

«Non… parce que c’est trop tôt pour les juger. Primo. Aucun club ne réussit ses transferts à 100%. Secundo. Il est trop facile de tomber sur la pomme des nouveaux joueurs alors que les cadres censés porter l’équipe n’étaient pas non plus à niveau. Tertio. En janvier dernier, nous avons acquis Vainqueur et Ezekiel. L’un est devenu l’un des meilleurs médians de la D1 et l’autre est la révélation du 1er tour.»

Comptez-vous investir cet hiver?

«Nous allons en discuter avec le coach qui évalue les moyens. Mais il est hors de question par exemple de vendre nos trois meilleurs joueurs.»

Dudu Biton et Marvin Ogunjimi, ce ne sont pas franchement des réussites par contre...

«Pour le moment, non. Vous savez que nous ne sommes pas parvenus à trouver un accord avec Perbet mais cela arrive à tous les mercatos. Si Biton avait disputé dix matches sans marquer, nous pourrions le juger. Ici, il ne joue pas assez. Quant à Marvin, l’occasion était de la relancer. Il a été performant à Genk, pourquoi pas ici? Pour l’heure, la poisse l’empêche de prouver.»

Vous avez acheté un attaquant, Reza, mais vous l’avez prêté en D2 à Saint-Trond. Curieux, non?

«Nous avions Ezekiel, Ogunjimi, Batsuhayi et Biton. Nous étions parés. Je ne vois pas de problème de rythme pour l’Iranien qui, je vous le confirme, nous rejoint en janvier.»

Qui décide d’un transfert? Jean-François De Sart, Roland Duchâtelet?

«La décision est collégiale. Nous avons une cellule de scouting de cinq membres dirigée par Freddy Heirman (NDLA: il fut l’adjoint de Leekens). Chacun donne son avis. Ensuite, c’est une question d’équilibre.»

Est-il vrai que le président veut toujours engager le joueur le moins cher?

«C’est faux. Il ne veut et ne va pas faire de folies financières mais investir, il l’a déjà fait et il le fera encore.»

Quel est concrètement le projet de Duchâtelet avec le Standard?

«Que le club joue tous les ans le haut du tableau. Sans disposer forcément du budget le plus élevé. Quand il est arrivé, le club finissait un cycle. Il était impossible de garder les Witsel, Defour, Mangala… Même avec D’Onofrio, ils seraient partis. Reconstruire, ce n’est pas simple. Nous sommes clairement en retard et il faudra être meilleur dès janvier.»