Journaliste de France 3 violée: sa direction lui dit de se taire (vidéo)

Le 24 novembre 2011, la journaliste Caroline Sinz assure un direct sur la place Tahrir en Egypte. Elle raconte que des manifestants l’ont emmené à l’écart des caméras pour la violer. La journaliste raconte qu’elle ne s’est pas sentie soutenue par sa hiérarchie et ses collègues. Pour Caroline Sinz, « le viol, c'est honteux, tabou. Si on m'avait tiré dessus, cela aurait paru plus glorieux. »

Censurée ?

Un an après les faits, Caroline Sinz est revenue sur cette affaire pour le site « Arrêt sur images ». Elle a évoqué les précautions déployées par sa rédaction à l’époque pour minimiser le viol subi. Le jour où la journaliste a voulu raconter son histoire à l’antenne, sa rédaction a décidé de ne pas faire de direct. Caroline Sinz a donc intégré le sujet dans l’un de ses reportages. Mais cette partie a été coupée par la rédaction qui estimait le passage « trop abrupt pour les téléspectateurs. »

« On ne voulait pas que tu aies l'étiquette "violée" sur le front », lui a-t-on précisé. Outrée par cette réaction, Caroline Sinz a demandé à intervenir dans Soir 3, l’édition d’information du soir de la chaîne. La demande a été acceptée. Mais à condition que son commentaire soit enregistré au préalable et qu’elle utilise des « termes choisis et pudiques. » Enfin, pas question de parler de « viol », mais plutôt d’« agression sexuelle. »

Selon Pascal Golomer, le directeur de la rédaction de France 3, la journaliste n'avait pas « le recul nécessaire pour témoigner de ce qu'elle avait subi » quelques heures après les faits. Il ajoute qu'il pense à ses proches « qui apprendraient par la télévision ce qui lui était arrivé ». Son objectif était avant tout de ne pas « livrer son témoignage en pâture. ».

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’agression.