Voici pourquoi le Standard ne joue presque jamais en même temps que les autres...

A Malines, en ouverture de la 20e journée de championnat, le Standard évoluera pour la... première fois de la saison un samedi, à 18h en l’occurrence. Cela ne va pas calmer les ardeurs de ses supporters, qui en ont assez de devoir systématiquement se rendre au stade le vendredi ou le dimanche, qui plus est à domicile.

A Sclessin, le ras-le-bol est total. «On s’est beaucoup battu, jusqu’ici, pour le prix des places en déplacement, avec succès», explique Didier Stevens, de la Famille des Rouches. «On va désormais se pencher, toujours par l’entremise de la fédération des supporters belges, sur la programmation des matches. Car trop, c’est trop! On en a assez de ne plus pouvoir nous rendre au stade le samedi à 20h, comme les autres...»

Comment fonctionne la programmation des matches? VOO et Telenet ont acquis pour 3 ans les lots 1 et 2 des droits TV, ce qui leur permet de diffuser en exclusivité (et donc en décalé) 3 matches de leur choix par journée, à charge pour la Commission du calendrier, émanation de la Pro League, de fixer le jour et l’heure de ces rencontres. En tenant compte de certains impératifs de sécurité (c’est le cas à Bruges) ou de parking (pas de match à Anderlecht le samedi à 18h en raison de la proximité du Shopping Center).

«Peu importe», dit-on chez VOO, «qu’un match du Standard soit avancé au vendredi soir ou au samedi en début de soirée, ou décalé au dimanche soir, tant qu’il le soit...»

La grogne des fans liégeois est dictée par des statistiques qui ne plaident pas en leur faveur. Jusqu’ici, le Standard s’est produit à 7 reprises le vendredi à 20h30 (et 5 fois à domicile), 4 fois le dimanche à 14h30, 6 fois le dimanche à 18h et 1 fois le dimanche à 20h30. Mais jamais le samedi à 20h, alors qu’à titre comparatif, Mons y a eu droit à 14 fois, pour 12 à Charleroi.

La situation vécue par Anderlecht, le FC Bruges et Genk est plus spécifique, puisqu’il a fallu tenir compte de leur présence sur la scène européenne et du temps de repos obligatoire.

«On a de plus en plus l’impression qu’on nous prend pour des pigeons, parce que personne ne savait, au moment de prendre son abonnement, qu’on en arriverait à une telle extrémité. Le résultat est désastreux: face à Charleroi vendredi dernier, il y avait 19.000 personnes à Sclessin, alors que 26.000 tickets avaient été écoulés, abonnés compris», ajoutait Didier Stevens. «Il ne faut s’étonner si les assistances sont en baisse, tandis que l’aspect festif qui accompagne chaque rencontre à domicile, et que l’on appelle généralement la troisième mi-temps, a été fortement atténué.»

Une partie de la réponse au questionnement des fans liégeois tient au cahier des charges du contrat TV, qui prévoit qu’un club peut être amené à déplacer un maximum de 22 matches lors de la saison régulière.

Mais, et c’est là le problème, moyennant une compensation financière d’un montant de 30.000 à 35.000 euros par match, à se répartir entre le club visiteur et le club visité, il est possible qu’un club soit amené à déplacer un plus grand nombre de rencontres. Or, le Standard a signé avec Voo, qui est l’un de ses partenaires commerciaux.

Pas étonnant dès lors, le Standard constituant un vrai produit d’appel, que ses matches soient systématiquement décalés, au grand dam de Roland Duchâtelet qui dit avoir hérité d’une situation qui, à Sclessin, commence à irriter.