Ballon d’Or: un 4e sacre historique pour l’Argentin Lionel Messi

A 25 ans, la «Pulga» de 1,69 m, qui a inscrit 91 buts lors de l’année 2012 toutes compétitions confondues avec son club et sa sélection, devance désormais les triples tenants du trophée, les Néerlandais Cruyff (71, 73, 74) et Van Basten (88, 89, 92) et le Français Platini (83, 84, 95), l’actuel président de l’UEFA. L’Argentin du Barça devance dans cet ordre Ronaldo, son rival du Real Madrid sacré en 2008, et son coéquipier espagnol Iniesta, champion d’Europe cet été après l’avoir déjà été en 2008 puis champion du monde en 2010.

Cette année, il n’y avait parmi les trois finalistes aucun joueur de Chelsea ou du Bayern Munich, les deux clubs finalistes de la Ligue des champions en mai. A nouveau élu Ballon d’Or lundi à Zürich, l’Argentin Lionel Messi n’en finit plus de faire parler de lui: à 25 ans, il est devenu le premier joueur de l’histoire à recevoir quatre fois cette récompense, se convertissant en mythe encore en activité du ballon rond.

Le petit meneur du jeu du Barça dame ainsi le pion à des légendes comme Platini, Cruyff ou Van Basten - qui totalisent chacun trois Ballons d’Or - mais semble prendre cette prouesse avec un naturel déconcertant. Tel est Messi: là où d’autres se gargarisent de commentaires, «el Diez» laisse le ballon parler à sa place.

Le sacre de l’ogre argentin au détriment de son éternel rival du Real Madrid Cristiano Ronaldo et de son complice blaugrana Andrés Iniesta n’a pas fait un pli: autant son élection en 2010 avait été contestable face à un Xavi tout juste couronné champion du monde, autant - avec 91 buts inscrits en 2012 - il était quasiment impossible de lui dénigrer le prestigieux prix cette fois-ci. Ces 91 buts enfilés comme des perles par la «Pulga» (la puce) ont condamné aux oubliettes le précédent record de l’Allemand Gerd Müller, qui avait lui signé 85 réalisations en 1972 - une autre époque.

Cette meilleure marque vient s’ajouter aux 50 buts atteints en 2011-2012 par Messi, record absolu dans l’histoire de la Liga. Ou encore au titre de meilleur buteur de l’histoire du Barça, qu’il avait déjà décroché la saison dernière, dépassant l’attaquant des années 1940-1950 César Rodriguez.

Frisson

Mais si ces records donnent le frisson à tous les amoureux du football, ils ont la particularité de n’émouvoir guère leur auteur. A chaque meilleure marque effacée des tablettes, l’Argentin n’a de cesse de le répéter: il joue pour les titres, pas pour les trophées individuels.

Compte tenu de sa personnalité assez discrète, voire effacée, cette attitude pourrait passer pour un manque de caractère, mais il n’en est rien: il ne s’agit pas ici d’une marque de fausse modestie, mais d’un credo, affirmé et réaffirmé par la Pulga. Heureux sur un terrain comme un enfant dans une cour de récréation, conjuguant le football au pluriel, celui qui disait au début de sa carrière «parler au ballon» ne joue ni pour les trophées, ni même pour les titres: il joue pour l’amour du jeu.

D’ailleurs, ceux qui le connaissent le mieux, comme son entraîneur au Barça Tito Vilanova, ne disent pas autre chose. «La grande qualité de Leo, c’est qu’il continue de jouer comme il jouait en cadets», expliquait récemment «Tito», qui, même s’il n’a pris en main l’équipe première qu’à partir de cette saison, entraînait déjà «el Diez» à 15 ans, en même temps que Fabregas et Piqué. «Il était déjà très bon à l’époque, et il n’y a pas besoin d’être entraîneur pour dire cela. Je me régalais déjà à le voir jouer à 15 ans et je continue maintenant», poursuit Vilanova. «Il ressemble plus à un joueur de golf"

Même son de cloche du côté de Javier Mascherano, compagnon de Messi au Barça et partenaire de l’Argentin en sélection. «Il joue avant tout contre lui-même, expliquait il y a peu le défenseur albiceleste à «El Pais». Il ressemble plus à un joueur de golf qu’à un joueur de foot parce que chaque jour, il veut faire baisser son handicap».