L’acteur Denis Podalydès inquiet pour Depardieu: «j’ai peur qu’on le tue»

Interrogé lundi soir à Amiens où il mettait en scène la pièce «  L’homme qui se hait » d’Emmanuel Bourdieu, Denis Podalydès a souligné qu’il «  aimait Gérard Depardieu comme si c’était un fils, un fils qui fait toutes les erreurs du monde, et je les lui pardonne à l’instant où il les fait, toutes ».

«  D’abord je voudrais qu’il s’assoie, qu’il boive un coup, même s’il en a déjà beaucoup bu, et qu’on passe un moment calme, je lui dirais : je vais vraiment pas t’emmerder avec ça, je sais tout, et ça n’enlève rien à l’immense admiration, l’immense affection, et l’inquiétude même, parce que j’ai pas envie qu’il meure. C’est la chose que je crains avec tout ça, qu’on le tue. »

« Je l’ai aimé absolument »

Pour Denis Podalydès, «  Gérard Depardieu n’est pas un élément dans le paysage cinématographique, c’est le paysage lui-même, comme Victor Hugo a été le paysage de la littérature française ou Proust ». «  C’est même pas le plus grand, c’est celui par rapport auquel tous, on s’est déterminés. Moi j’avais deux paysages, deux acteurs paysages, j’avais Gérard Desarthe, et j’avais Gérard Depardieu, deux acteurs qui ont inspiré toute l’admiration dont j’étais capable, toute l’affection », a expliqué l’acteur et metteur en scène.

«  J’ai tourné 3 heures avec Depardieu, je l’ai aimé absolument, c’était dans les Misérables de Josée Dayan. Je l’avais fait pour le rencontrer ».

«  Naturellement, citoyennement parlant, chacune des condamnations (de l’attitude de Depardieu) se comprend, mais moi je lui pardonne tout dans la seconde », a-t-il ajouté.