Mati Suarez: «Je serais heureux si je devais finalement rester à Anderlecht»

Mati, comment va le moral?

Très bien. Cela me fait un bien fou d’être ici. Je me sens enfin à nouveau footballeur. Ces derniers mois, j’avais l’impression d’avoir pris ma retraite.

À quel point cette expérience fut difficile à vivre?

J’étais tout seul en permanence, je ne pouvais plus jouer. Sincèrement, c’était l’enfer, une vraie catastrophe pour moi.

Vous en avez même voulu à Anderlecht…

J’étais un peu fâché parce que je n’avais pas reçu de coup de téléphone après l’opération. Mais pour le reste, je reconnais que j’ai un peu exagéré, d’autant que certaines personnes d’Anderlecht sont venues me voir en Argentine. Je me dois d’ailleurs de remercier tout le monde.

Comme s’est passée votre ré-éducation en Argentine?

C’est Anderlecht qui m’a permis de rester en Argentine. Je me suis notamment entraîné avec Belgrano, mon ancien club. Pour moi tout était plus facile car je connaissais les gens et j’étais près de ma famille.

Comment votre famille a-t-elle vécu tout ça?

Magali, mon épouse, a sans doute dû trouver que j’étais tout le temps de mauvaise humeur. Mais c’est normal, car mon moral était au plus bas. Ma fille, elle, était contente de me voir tout le temps à la maison. Mais elle me demandait souvent «papa, c’est quand qu’on rentre en Belgique?».

On en est où avec le CSKA Moscou?

Mon manager m’a certifié que le CSKA me voulait encore absolument. Je dois passer prochainement de nouveaux tests médicaux. Si je les réussis, je n’aurai plus d’autre choix que de rejoindre le CSKA Moscou car il y a déjà des accords entre les clubs et entre le CSKA et moi. Mais si jamais j’échoue, je serais tout aussi heureux de rester à Anderlecht. Pour le moment, je ne m’intéresse même pas au CSKA et au championnat russe. Il n’y a qu’Anderlecht qui me préoccupe.

Franchement, qu’allez-vous faire en Russie alors que vous êtes quelqu’un qui a besoin de chaleur humaine pour réussir?

C’était vrai quand je suis arrivé en Europe. Mais aujourd’hui, je suis devenu père de famille et j’ai changé. Je n’ai plus peur de l’adaptation. Si je vais en Russie, c’est parce que j’ai besoin de connaître une compétition plus huppée et mon manager m’a certifié que ça m’aiderait à me rapprocher de l’équipe nationale.

Et puis ce serait pour l’argent aussi…

Oui, pourquoi mentirais-je? J’aime le football, mais c’est aussi mon métier et une carrière n’est pas longue. Ma famille est pauvre, elle vient de tout en bas de l’échelle sociale. Je dois aider financièrement ma maman.