Ruby comparait pour la première fois au procès de Berlusconi

La jeune Marocaine, de son vrai nom Karima El Mahroug, a été accueillie devant le tribunal par une nuée de photographes et de caméras. Chacun attend que la jeune femme livre en public sa version des désormais célèbres soirées bunga-bunga organisées par le Cavaliere dans sa luxueuse villa d’Arcore, près de Milan.

Mais les avocats de celui-ci ont aussitôt réclamé un report du procès en raison des prochaines élections générales de février auxquelles l’ancien chef du gouvernement italien se présente à la tête d’une coalition de centre-droit.

C’est la troisième fois que la jeune Marocaine était convoquée par le tribunal, mais elle ne s’était pas présentée aux audiences précédentes les 10 et 17 décembre.

Le 10, les juges avaient chargé la police de la retrouver. Puis son avocate ayant indiqué que la jeune femme de 20 ans se trouvait au Mexique, ils lui avaient infligé une amende de 500 euros pour «absence injustifiée».

Le Parquet accuse la défense de Berlusconi de chercher à gagner du temps, car le Cavaliere redoute une condamnation en pleine campagne électorale.

Selon le nouveau calendrier du procès, qui pourrait toutefois être remis en cause ce lundi, le réquisitoire est prévu le 28 janvier et les plaidoiries de la défense le 4 février. Puis une autre audience devra être fixée pour les «répliques» et le verdict.

M. Berlusconi est jugé depuis avril 2011 à Milan pour prostitution de mineure et abus de pouvoir. Il est accusé d’avoir rémunéré des prestations sexuelles de la jeune Marocaine dite Ruby et de l’avoir fait libérer en exerçant des pressions sur la police qui l’avait interpellée pour un larcin en mai 2010.

Tous deux nient avoir eu des relations sexuelles.

Dans cette affaire, M. Berlusconi, 76 ans, se dit victime d’une «gigantesque opération de diffamation». Il reconnait avoir donné de l’argent à Ruby, mais, dit-il, afin de lui permettre d’ouvrir un institut esthétique et éviter qu’elle se prostitue.

Alors que les médias ont fait leur choux gras de certains récits sur les chaudes soirées «bunga-bunga» en 2010 -jeux sexuels et danseuses nues-, le magnat des médias a affirmé que ces fêtes n’avaient «rien d’illégal» et étaient des soirées «élégantes». Il s’en est toutefois excusé, les justifiant par sa solitude après son divorce ainsi que la perte de sa mère et de sa soeur.

Il a également justifié son intervention auprès de la police pour des raisons diplomatiques, affirmant qu’il croyait que Ruby était la nièce d’Hosni Moubarak, alors président égyptien.

Il encourt trois ans de prison pour prostitution de mineure et douze ans pour abus de pouvoir.

Quant à Ruby, les médias ont publié l’enregistrement d’une conversation téléphoniques dans laquelle elle affirme à une amie que celui qui était alors président du Conseil lui a dit: «je te donnerai tout ce que tu veux, je te couvrirai d’or, mais cache tout».