Ruby, vedette des soirées «bunga bunga», ne sera pas entendue au procès Berlusconi

Ruby, de son vrai nom Karima El Mahroug, s’est pourtant présentée pour la première fois lundi au tribunal, où elle a été accueillie par une nuée de photographes et de caméras. Sa version des désormais célèbres soirées bunga-bunga organisées par le Cavaliere dans sa luxueuse villa d’Arcore, près de Milan, était très attendue. Mais finalement, après accord entre l’accusation et la défense, le tribunal a décidé de ne pas entendre la jeune Marocaine. Il s’appuiera sur les procès-verbaux de ses déclarations aux enquêteurs.

Par ailleurs, les avocats de Silvio Berlusconi ne sont pas parvenus à interrompre le cours de ce procès compromettant à l’approche des élections générales de février, pour éviter toute «instrumentalisation» pendant la campagne. La procureure, Ilda Boccassini, réputée pour sa pugnacité et bête noire de Berlusconi dans le monde judiciaire, s’y était opposée arguant du fait que Silvio Berlusconi n’est pas secrétaire général de son parti, le PDL, et qu’il a lui-même déclaré qu’il ne se présentait pas au poste de président du conseil.

M. Berlusconi est jugé depuis avril 2011 à Milan pour prostitution de mineure et abus de pouvoir. Il est accusé d’avoir rémunéré des prestations sexuelles de la jeune Marocaine dite Ruby et de l’avoir fait libérer en exerçant des pressions sur la police, qui l’avait interpellée pour un larcin en mai 2010. Tous deux nient avoir eu des relations sexuelles. M. Berlusconi encourt trois ans de prison pour prostitution de mineure et douze ans pour abus de pouvoir.

Dans cette affaire, M. Berlusconi, 76 ans, se dit victime d’une «gigantesque opération de diffamation». Il reconnaît avoir donné de l’argent à Ruby, mais afin de lui permettre d’ouvrir un institut esthétique et éviter qu’elle se prostitue.