Prise d'otages sur un site BP en Algérie: les terroristes réclament "l'arrêt de l'agression au Mali"

«Nous annonçons avoir réussi une attaque de taille en réaction à (...) la croisade menée par les forces françaises au Mali», selon le communiqué, qui évoque 40 otages étrangers, dont 7 Américains et 2 Britanniques et réclame «l’arrêt de l’agression» au Mali.

 

Un Britannique et un Algérien ont été tués et six personnes ont été blessées, selon les autorités algériennes.

Quarante-et-un «Occidentaux, dont sept Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais», ont été pris en otage, a affirmé un porte-parole des assaillants, cité par deux sites d’informations mauritaniens, Agence Nouakchott information et Sahara Medias.

Quelque 150 employés algériens sont également retenus, selon leur employeur, le groupe français de logistique CIS Catering. Certains d’entre eux ont été libérés, a indiqué une source officielle.

A Washington, le département d’Etat a confirmé que des Américains figuraient parmi les otages. Un Irlandais et un Norvégien sont également pris en otage, d’après Dublin et la presse norvégienne.

Selon le porte-parole islamiste, cette opération intervient «en réaction à l’ingérence flagrante de l’Algérie autorisant l’usage de son espace aérien par l’aviation française pour mener des raids contre le nord du Mali».

Libération de 100 terroristes

«Les ravisseurs réclament la libération de 100 terroristes détenus en Algérie pour relâcher leurs otages», exigeant que ces islamistes soient conduits dans le nord du Mali, a indiqué à l’AFP par téléphone un employé du site, ayant requis l’anonymat, qui a pu écouter des échanges entre Algériens et ravisseurs.

Mais le ministre algérien de l’Intérieur Dahou Ould Kablia a affirmé que les autorités «ne répondront pas aux revendications des terroristes et refusent toute négociation».

«Nous sommes des membres d’Al-Qaïda et nous sommes venus du nord du Mali», a assuré l’un des combattants, joint par téléphone, ce qu’a démenti le ministre Ould Kablia, affirmant qu’il s’agissait d’un groupe d’"une vingtaine d’hommes issus de la région».

Les assaillants ont dit être sous les ordres de Mokhtar Belmokhtar, dit «le borgne», un des chefs historiques d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qu’il a introduit dans le nord du Mali. «Le borgne» a cependant été récemment écarté du groupe jihadiste et a créé sa propre katiba (unité combattante).