Menacée de licenciement pour avoir garé sa voiture sur le parking de la direction

Selon la CGT, Yasmina Saadou, agent de maîtrise depuis plus de dix ans chez Intrum Justitia, société suédoise, avait garé sa voiture sur un emplacement réservé à la direction le 3 janvier.

Dans un procès-verbal daté du 3 janvier dont l’AFP a eu copie, la direction qualifie de «provocateur» le comportement de l’employée. «(...) elle stationne son véhicule de manière récurrente sur les places réservées à la Direction et qu’elle refuse ensuite de le déplacer», est-il écrit. «Compte tenu de ses agissements, il a été décidé de convoquer cette personne à un entretien préalable et de la mettre à pied à titre conservatoire».

Deux jours plus tard, l’employée s’est vu convoquée «à un entretien préalable en vue de [son] licenciement», d’après un courrier de la direction à l’intéressée dont l’AFP a eu copie.

Manquements graves et répétés

Interrogé par l’AFP, le directeur général Europe d’Intrum Justitia, Pascal Labrue, assure pourtant que «ce fameux emplacement est un prétexte futile», avancé par la CGT, affirmant qu’«en aucun cas nous n’aurions déclenché une procédure disciplinaire pour un tel motif». D’après Pascal Labrue, Yasmina Saadou était l’auteur de «manquements graves répétés, et avait fait l’objet de multiples avertissements». Il dénonce aussi «l’instrumentalisation de la CGT qui nous fait un chantage pour que nous arrêtions la procédure».

Un comité d’entreprise extraordinaire se tenait vendredi matin au siège de l’entreprise Intrum Justitia au sujet de ce projet de licenciement. Si la direction décide finalement de licencier la salariée, l’inspection du travail devra être saisie, a précisé le directeur général.