Intérêts notionnels: 20 sociétés ont déduit sept milliards, Mittal le champion!

Depuis l’annonce de la fermeture, jeudi dernier, le débat sur les intérêts notionnels fait à nouveau rage. Le service d’étudesdu PTB a repris le Top 20 de sociétés ayant le plus bénéficié de ces intérêts pour l’exercice 2011 (les comptes des sociétés pour 2012 ne sont pas encore déposés). Il s’est fondé sur les comtes annuels déposés à la Banque nationale.

En 2011, ces 20 sociétés ont déduit ensemble 7 milliards d’euros. Une somme énorme. Qui a plombé les rentrées fiscales de l’État, comme l’explique Marco Van Hees, auteur de l’étude du PTB. «Si l’on prend le taux de l’impôt des sociétés, 34%, les 7 milliards de déduction impliquent une perte d’impôt pour les finances publiques de 2,38 milliards. Et cela, seulement pour 20 sociétés.» M. Van Hees ajoute: «Ce sont toutes de grandes sociétés qui n’ont pas vraiment besoin de ça.»

ArcelorMittal reste le champion des «notionnels». En 2011, le géant sidérurgique a déduit près de 1,6 milliard, lui permettant de payer 0 euro d’impôt. Le deuxième du classement, le centre de coordination de Hewlett-Packard, passe lui aussi la barre du milliard de déduction. En quatrième place, Inbev Belgium réussit un bel exploit. En déduisant 385 millions de «notionnels», il réalise un bénéfice de 0 euro, ce qui ne l’empêche pas de distribuer pour 2,4 milliards de dividendes à ses heureux actionnaires.

Autre curiosité dans ce top: Belgacom Group International Services: la société belge, propriété à 53,5% de l’État, a déduit près de 300 millions de «notionnels» pour payer 0 euro d’impôt.