Racisme à l’embauche: la Wallonie ouvre le débat

Nouria Ouali (ULB), a été chargée par l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS d’établir une cartographie précise de l’emploi, du chômage et des types de contrats octroyés aux étrangers dans notre pays: «Cette nouvelle étude met en lumière une série d’éléments qui confirment l’inégalité dans l’accès à l’emploi selon la race et selon le sexe. »

Ce que l’étude confirme déjà, c’est qu’à compétence et profil égaux, l’homme belge a les meilleurs atouts pour décrocher un emploi. Et que c’est évidemment la femme étrangère qui a le moins de chance de le décrocher. D’une région à l’autre, une même nationalité peut afficher d’importantes différences en matière d’emploi et de chômage: il est plus simple pour les Turcs et les Marocains de trouver un boulot à Bruxelles, et plus encore en Flandre, qu’en Wallonie.

Certes, la Flandre est moins touchées par le chômage que la Wallonie et les emplois qui y sont disponibles ne sont pas les mêmes que chez nous. Il n’empêche : la volonté politique d’obliger tous les habitants de la Flandre à parler le flamand n’est peut-être pas non plus tout à fait étrangère à la meilleure intégration des étrangers dans le tissu social du nord du pays. C’est à étudier.

Les chiffres, présentés dans les journaux de Sudpresse aujourd’hui, ne permettent pas encore de tirer de conclusion politique, mais la Wallonie a courageusement décidé d’ouvrir un débat difficile : celui de la discrimination à l’embauche. Ce travail devra être complété par d’autres investigations mais il permettra sans doute, à terme, de définir les pistes nécessaires pour contrer progressivement une forme de racisme à l’emploi, qui existe bel et bien chez certains employeurs de notre pays.

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