Un pharmacien condamné pour homicide involontaire

Un pharmacien a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour homicide involontaire dans l’affaire dite des “gélules minceur”, qui avait entraîné la mort d’une patiente en 2006 et l’intoxication de plusieurs autres, a-t-on appris ce vendredi de source judiciaire. En avril 2006, les autorités sanitaires avaient signalé plusieurs cas d’intoxications à la suite de la prise de gélules destinées à soigner des insuffisances de la thyroïde. Celles-ci étaient parfois prescrites comme amincissants ou produits coupe-faim. Une patiente était morte en 2006 à 48 ans après avoir pris ces gélules, préparées par le pharmacien Daniel Maizil, dont l’officine se trouvait rue de Prony à Paris (XVIIe). Il avait reconnu avoir préparé les produits mis en cause, qu’il lui arrivait de préparer la nuit car il souffrait d’insomnie. Il avait incorporé par erreur dans les gélules de l’hormone de synthèse (lévothyroxine) au lieu de la poudre de thyroïde prescrite, dans des proportions dépassant de 200 à 400 fois la dose quotidienne pouvant être prescrite. Dix-sept patientes, qui avaient pour la plupart dû être hospitalisées, étaient parties civiles au procès. Jeudi, le tribunal a déclaré M. Maizil coupable d’homicide et blessures involontaires, mais l’a en revanche relaxé des faits de tromperie et de mise en danger de la vie d’autrui. Un médecin, Olivier Cressey, poursuivi de ces deux seuls
derniers chef, a quant à lui été relaxé.