A l’Ancienne Belgique, Cali renoue avec l’amour terroriste

Un gars qui cite parcimonieusement Brautigan, Fante, Salinger, Hugo et Kaurismaki dans ses textes, sans pour autant se la péter. Et puis il y eut ce premier album splendide et bouleversant, «L’amour parfait» en 2002. Le visage lacéré par des griffes félines et féminines, il nous ouvrait son coeur.

En découvrant ses textes à l’époque, on ne pouvait qu’espérer pour lui que la part autobiographique de ses écrits n’était que minime. Car Cali chante mieux que quiconque l’amour. L’amour torturé et terroriste souvent, comme Miossec. Mais aussi l’amour passionné et déchirant comme Dominique A.

Sur «Vernet-les-Bains», son dernier opus, on retrouve enfin cette sincérité des débuts. Amoureux fou de Bruxelles, il était à l’Ancienne Belgique mercredi soir pour ce qui était seulement la troisième date de sa tournée. Et, au gré d’un concert de 2h30, on s’est remis à l’aimer comme avant, comme un amant qui se reprendrait soudainement de passion pour son ex.

Sans doute aussi parce qu’il n’a pas oublié que «L’amour parfait» restait la pierre angulaire de sa discographie, en interprétant les incontournables «Elle m’a dit» et «C’est quand le bonheur?» mais aussi les moins connus mais bien plus touchants «Pensons à l’avenir» et «Dolorosa».

Bien que composés dix ans plus tard, «Ce soir, je te laisse partir», «L’amour éternel», «Tu me manques tellement» et «Mon ami» auraient pu être des faces B de son premier album. En une décennie de carrière, Cali n’a rien perdu en générosité envers son public. Il se donne, au sens physique du terme, jusqu’à faire dégouliner de son front sa dernière goutte de sueur.

Avant d’en finir avec «Happy end» car, oui, Cali a désormais aussi une facette optimiste. Et, contrairement à l’album, sans avoir recours à Miossec, Dominique A et Benabar. Si ça continue, il va finir par nous sortir des albums où il colorera de rose l’avenir, comme la teinte de la pochette de «L’amour parfait». Mais, franchement, on n’en a pas envie. Car Cali, on continuera sans doute à l’aimer tant qu’il n?aura pas trouvé la réponse à cette question qu'il se posait en 2002? C'est quand le bonheur?