Il avait trafiqué son compteur électrique: ça risque de lui coûter cher

On ne saura jamais si ce sont les prix croissants de l’énergie qui ont convaincu ce couple de Daverdisse de faire payer leur facture… par l’intercommunale Interlux elle-même, chargée de la distribution d’électricité et de gaz dans la province du Luxembourg. Ce qui est sûr, c’est que la manipulation réalisée sur le compteur de ces résidents de la commune de Daverdisse risque au final de leur coûter beaucoup plus cher…

Tout aurait commencé en mars 2010, lorsque Marc (prénom d’emprunt), disposant de quelques connaissances en électricité, décide de trafiquer son compteur électrique pour le faire tourner à l’envers. Au lieu d’accumuler les kilowatts, le compteur les retranchait donc. Une opération réduisant à néant la consommation du ménage, mais qui devait forcément finir par être repérée par les contrôleurs d’Ores, la maison-mère d’Interlux.

Toutefois, la fraude aurait perduré jusqu’au mois de mai 2011, soit un peu moins d’un an, avant qu’on ne découvre le pot aux roses. Aussitôt, Interlux a lancé une procédure en justice, et l’intercommunale, constituée partie civile, exposait ses arguments ce lundi devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. Elle réclame pas moins de 3.232 euros à Marc ainsi qu’à sa compagne, aujourd’hui séparée de lui.

Seule face aux juges, cette dernière aurait pourtant été contrainte de se taire, son compagnon ayant déjà, par le passé, levé la main sur elle. « Son casier judiciaire est loin d’être vierge », a expliqué l’avocat de la compagne. « De plus, il était coutumier de ce genre de manipulations. Il avait d’ailleurs des notions en électricité, ce qui n’est pas le cas de son ex-compagne. Ma cliente était au courant de la manipulation, mais elle n’en est pas l’auteur. »

L’avocat de la défense réclame donc une suspension du prononcé et, à titre subsidiaire, une peine de travail. Il conteste aussi la période infractionnelle, la faisant plutôt débuter au mois de juillet 2010. « Dès lors, je crois qu’il faudrait réévaluer le montant du préjudice, et le fixer, en attendant, à un euro provisionnel ».

Quant au substitut du procureur du Roi, Nausicaa Hatzinakos, elle a jugé les préventions établies pour les deux prévenus. Au niveau pénal, elle ne demande pas une amende supplémentaire, mais bien une peine de prison d’un mois, « le minimum légal ». Le jugement sera rendu le 4 mars prochain.