Pierre, un Anversois de 76 ans: "Marc Dutroux peut venir habiter chez moi"

Pierre, vêtu d’un épais polar, est sur ses gardes. Il se méfie des journalistes mais nous offre néanmoins une tasse de café et nous demande de préserver son anonymat. « Après le procès d’Arlon, plusieurs journalistes flamands m’ont contacté. Depuis, je m’étais fait oublier. Les rares personnes qui étaient au courant de mes visites à Marc Dutroux pensent que j’ai cessé de le voir. Or, je le vois toujours et il me téléphone régulièrement, une fois par semaine environ. Il m’a encore sonné vendredi. Je lui ai parlé du TAP, je lui ai souhaité plein succès ».

Pierre nous explique que précédemment, Marc Dutroux lui a demandé s’il pouvait indiquer son adresse dans son plan de réinsertion, comme futur domicile. «  J’ai d’abord refusé car ce n’est pas très grand chez moi. Puis, j’ai dit oui. Après tout, j’ai deux chambres ici au-dessus qui pourraient convenir. Je suis comme ça . Je ne veux pas le laisser tomber. Il a besoin de quelqu’un pour l’aider. Mais soyons réalistes : je ne pense pas qu’il obtiendra sa libération ».

Et lui, il en pense quoi ? « Difficile à dire. Un jour, il faudra bien le libérer, non ? Le Marc Dutroux que je vois en prison me donne l’impression d’être un homme normal, pas dangereux. Avec lui, je parle de tout et de rien, souvent sur le ton de l’humour ». Sa dernière visite remonte à décembre. « Il avait une barbe comme saint Nicolas ! Il m’a dit combien elle mesurait mais je ne retiens pas les chiffres. Il m’a parlé de ses soucis avec le coiffeur. Il se plaint aussi de ses dents ».

Dans une caserne ?

Dutroux, quant à lui, ne serait pas contre de vivre… dans une ancienne caserne désaffectée.